Un mot ancien, L’Hemme

Mardi 21 novembre 2017

Ainsi vous existez. Phrase poème lancée à Elise et Toni. (Elise Roulin et Toni Kastelan étaient à Rouen le week-end du 11 novembre.) Le couple existe, le poème couple existe. Couple est une vieille chanson longtemps remisée dans le grenier des sentiments perdus, entreposée, installée dans la cave, salle technique. Et couple revient comme jamais entendu. Continuer la lecture de « Un mot ancien, L’Hemme »

FIVE EASY PIECES Milo Rau / IIPM / Centre d’Art Campo (Suisse / Belgique) au CDN Normandie, programmé par ART ET DECHIRURE

Dimanche 19 novembre 2017. 7h.

Rets. Tomber dans les rets de l’autre. Tisser – innocemment ou à la mode perverse – de tels rets que ceux, celles qu’on aime y tombent.

Rets rime avec arrêt. Rets signifie immobiliser l’autre, l’enfermer, ou le faire bouger : on agit l’autre (théâtre de marionnettes, dans la philosophie, dans la politique, dans l’amour).

La poésie de ce spectacle engage une méditation sur l’horreur, avec les enfants que nous avons toujours été, avec les adultes que nous avons toujours été.

Five easy pieces, programmé par Art et Déchirure, José Sagit, accueilli – festival généreusement accueilli – par le CDN, David Bobée et son équipe. Continuer la lecture de « FIVE EASY PIECES Milo Rau / IIPM / Centre d’Art Campo (Suisse / Belgique) au CDN Normandie, programmé par ART ET DECHIRURE »

une suite de la déclaration du 17 octobre 2017

à l’ami qui ramène toujours et toujours Tartufe en guise de bagage en grande émotion, je propose une visite dans les non-émotions.

à l’ami qui devant l’idée même d’inventaire regarde sa vie comme vie ratée, je propose le ratage comme carburant principal de toute création, de toute vie créative.

à l’amie qui croit être dans le vrai de la proposition qui lui est faite, je propose de se proposer autre chose.

à l’aimée limée à l’expérience commune du temps, je propose de la suivre un moment, qu’elle me suive un moment, que nous suivions un moment la grâce tierce voire la déchéance tierce, puis un oubli, oui, que nous nous oubliions, comme savent faire les héros de notre temps, les Alzheimer, puis que l’utopie nous revienne, avec ses cadeaux de noël sous les bras, et que nous aimions tout de ce que nous voyons de nous, et autour de nous, jusqu’à l’explosion de nos deux étoiles là-bas, que sur terre d’humbles et géniaux chercheurs enregistrent, décryptent et convertissent en explosion de savoir. Continuer la lecture de « une suite de la déclaration du 17 octobre 2017 »

Une déclaration du 17 octobre

De belles scènes d’amour. De beaux ateliers. De beaux échanges. Une belle performance en préparation. Un beau livre en préparation. Une belle rencontre tango en préparation. Beau veut dire que nous aimons et que nous aimons aimer sans heurt, nous aimons l’absence de heurt, nous aimons l’absence de conflit, nous aimons la paix réelle, nous aimons la réciprocité de l’amour, de la beauté, du sentiment de beauté, nous aimons quand quelqu’un, une idée, un être, se serre dans vos bras, dans votre cerveau, dans votre corps, votre sexe, nous aimons éternellement lorsqu’apparaît subreptice l’amour et l’éternité en même temps, nous voulons le beau, éternellement. Aujourd’hui plus qu’hier nous le voulons dans l’écume de l’instant maquillée en profondeur d’être. Nous aimons dans l’instant très humanoïde, très fabriqué, très économique – l’économie de l’instant –  nous aimons aimer dans l’absence de conflit. Continuer la lecture de « Une déclaration du 17 octobre »

Diana, sur France Culture, 20 septembre dernier

Capture d’écran Diana France Culture 20 septembre

Écouter l’émission

Un « poème » documentaire de Simon Ripoll-Hurier. Le film, du même titre (voir la bande annonce), fut projeté au sein du festival international du cinéma documentaire (FID) à Marseille (11-17 juillet 2017).

 

Dans cet opus radiophonique, chaque élément, chaque information, chaque ingrédient radiophonique, est « réfléchi-e », décalé-e. Le travail de la forme informe véritablement les informations hétérogènes recoupées par Simon Ripoll-Hurier – informations relatives au projet Diana, relatives aux birdwatchers, aux chasseurs de fantômes, aux radio-amateur, aux Tambours du carnaval de Bâle… Continuer la lecture de « Diana, sur France Culture, 20 septembre dernier »

Jeudi 20 juillet 2017

Réenregistrement de L’Innommable, de Samuel Beckett, in extenso, dans le studio de DUUU RADIO, au Théâtre de Gennevilliers, en plein milieu d’un texte-tango en cours. Traces de l’affaire.

« Je ne peux pas continuer, je vais continuer »

Nous ne pouvons pas continuer, nous allons continuer

Ça ne peut pas continuer, ça va continuer

 

L’Innommable. Samuel Beckett.

Réenregistré l’affaire lundi et mardi, de la première à la dernière ligne.

Dans la chaleur étouffante du « studio » de Duuu radio, tout en haut du théâtre – le T2G,

le Théâtre de Gennevilliers. Continuer la lecture de « Jeudi 20 juillet 2017 »

Jeudi 22 juin 2017

Urgence, sentiment d’urgence, matin, sentiment de matin, vraiment

Je sens, j’agis

Je suis agi, j’acte

Le délai de pensée, l’absence de délai

L’éternité éclair, la répétition, le sillon, le cycle dans le travail de création

Ecrire à vide, et dans l’avidité du renouveau chaque matin

S’installer, provisoirement, dans des reprises

L’urgence, le politique

Quel est ton travail ?

Quelles sont tes ressources ?

Quels sont tes projets ? Continuer la lecture de « Jeudi 22 juin 2017 »

Vendredi 2 juin 2017

Les marionnettes du jour s’agitent beaucoup là-dedans, la joie sobre a du mal à imposer son rythme, calme et ample.

Ça se prend à partie, ça discute, ça s’engueule.

Ça se cogne, ça se coupe la parole, ça « philosophe », dispute sans fin, il y a des objets réputés de valeur dans la boutique alors comprenez que ça ne rigole plus, ça se trucide autour desdites valeurs. Continuer la lecture de « Vendredi 2 juin 2017 »

Vendredi 26 mai 2017

Parler pousser dire mettre à côté pousser à côté pousser repousser l’instant aube, déjà éclatante l’aube, et l’instant enveloppé dans un passage de mouettes qui viennent taire la crécelle des pies, tapis gazouillis ciel sonore et rumeur urbaine, d’emblée cinéma, la vue est accompagnée, la vue, l’apercevuë est doublée du son qui monte aussi, et bientôt vue insupportable et son d’enfer, par accumulation :

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Mercredi 24 mai 2017

Il n’y a pas

Vol fugace, poussée de lierre, éclosion de silence, on va partir de là, de cette maison, des amis se battent pour la vie de leur fils

Nous, notre fils ni ne dépérit ni ne vit

Il y a. Une horloge arrêtée, un chat qui s’installe près de moi exactement comme je m’installe dans le salon c’est-à-dire et près du fils et près d’elle qui va se lever tout à l’heure – son nom, son existence le nom du lien entre nous

Il n’y a pas forcément les mots fluides, le fleuve précis de notre existence historique

Il y a la Seine, industrielle, qu’on est allé voir, déchetterie en face rive gauche et grande maison de 260m2 qui aurait été idéale pour notre vie tango et toute. Continuer la lecture de « Mercredi 24 mai 2017 »

Lundi 22 mai 2017

J’ai rêvé qu’ « enfin » tu me disais que tu n’aimais pas ce que j’écrivais, enfin, que tu aimais certains trucs mais globalement non, globalement trop, trop présent, trop en travers de ce que j’écris, prenant infiniment trop de place dans ce que j’écris, etc. Enfin, j’ai rêvé de ça et j’extrapole, par disparition de rêve. Continuer la lecture de « Lundi 22 mai 2017 »