Notes-paysage en vue des ateliers Ecriture-Tango, en prison, et ailleurs

lundi 8 janvier 2018

La marche.

Le paysage.

L’oubli du paysage. L’oubli du corps.

Regarder où on met les pieds. Ne pas avoir besoin de regarder où on met les pieds.

Marcher d’un point à un autre. Je vais chercher quelque chose. Je ramène la chose mais ne sait quoi en faire. Cette question me fait revenir à mon point de départ mais sans motivation. Le retour vers mon point de départ flotte.

Qu’est-ce qui se passe dans le corps ? je regarde l’objet, je ne regarde plus ma direction. Continuer la lecture de « Notes-paysage en vue des ateliers Ecriture-Tango, en prison, et ailleurs »

Dédicace à une personne aimée en guise de vœux 2018

 

 

 

 

 

 

jeudi 4 janvier 2018

La dédicace porte sur le livre de François Jullien, Dé-coïncidence.

Et elle ne reste pas entre nous deux.

Ni supporte d’éternelle quête de reconnaissance de la part du dédicateur.

 

Lorsque nous parlons directement à Dieu, l’affaire semble réglée.

 

Elle est réglée, nous parlons librement, entre nous.

 

Littérature fait, provisoirement, bulle de protection.

On ne te sommera pas, toi, la dédicataire, de t’exprimer.

Esprit milonga. Tango fait bulle de protection idem.

 

En quoi sont-ce des vœux ?

Ce sont des vœux pour nous, immensément personnels et immensément politiques, mais en creux, en creux de nos personnes et en creux du politique. Le politique : manières de vivre avec notre vouloir et notre incapacité, de vivre avec ce qu’on veut et avec ce qu’on ne sait pas vouloir, et manière aussi de vivre avec ce qu’on ne veut pas – réguler ce qu’on ne veut pas.

J’ai aimé la première partie des vœux de Sandrine Rousseau (Mediapart). Liberté, Marianne, mon corps de femme, magnifique. Après, exercice de positivité républicaine qui tombe de soi-même dans son négatif, le négatif du bon sentiment (le négatif du positif, si on lit François Jullien).

Tiens, je n’ai pas écouté les vœux du Général poupon.

Voici les vœux, voici la dédicace. Continuer la lecture de « Dédicace à une personne aimée en guise de vœux 2018 »

Tango du jour improvisé et autres pavés dans quelques mares

Fernand Deligny à l’époque de « La Grande Cordée », 1959. © Archives Josée Manenti        cf. Médiapart 19 décembre)

mercredi 20 décembre 2017

Au bout du compte c’est seul qu’a lieu la rédaction du texte, l’exercice

Sur la piste et Dans notre vie s’invitent chez la solitude d’ici

On peut dire aussi les choses comme ça et rassurer tous les allumés, les angoissés et tous les moralistes

de la solitude Continuer la lecture de « Tango du jour improvisé et autres pavés dans quelques mares »

L’art du couple à l’intérieur de soi

vendredi 8 décembre 2017

L’art du couple à l’intérieur du corps solitaire, l’art du couple à l’intérieur de soi, l’art du couple dans le tango, grâce au tango.

Avant-hier il y avait cours avec Stef Lee. Un échauffement, tout un déroulé de formes, formations du mouvement, en faisant dialoguer deux à deux des points écartés, opposés mais pas que, du corps. Par exemple poignet et cheville, croisés et de même côté, mâchoire pouce du pied, coude, hanche, etc.  – un moment, beau à pleurer, selon Stef, c’est cet exercice : deux à deux, l’un met en œuvre, évolue, fait évoluer ses duos, ses couples devant l’autre qui regarde, qui met en œuvre ses neurones miroir, œil latéral plutôt que scrutateur, surtout pas scrutateur, émouvant en diable… Je confirme, Continuer la lecture de « L’art du couple à l’intérieur de soi »

Féérie, langue française, dans la nuit

mercredi 6 décembre 2017

Une féérie. La trouvaille de Dominique – une guirlande lumineuse enroulée autour des baleines d’un parapluie qui était promis aux ordures et qu’elle a libéré de sa toile, suspendue au-dessus de la table du salon ; un bouquet de guirlandes graciles, lumineuses aussi, acheté à Emmaüs, posé sur la table roulante du salon, accoudée au canapé.

La féérie Noël est amplifiée par le reflet dans la porte vitrée noire. La suspension vient prendre la place de la « fleur » verte au bout de sa tige abstraite – forme dominante dans le tableau de Bourquin reflété.

C’est une féérie. Le verre de la vitre ondule, fluidifie l’image qui est passée au noir intense de la nuit. Ma silhouette achève la rêverie.

Les ateliers d’écriture sont une telle féérie, souvent. On enfile des mots scintillants, on recherche les mots scintillants, les flous, les noirs, les bosses, les effets. Continuer la lecture de « Féérie, langue française, dans la nuit »

Sur l’égalité

vendredi 1er décembre 2017

L’égocentrisme loué, recherché même, des artistes, des grands artistes, n’est qu’un effet d’optique, accompagné d’une angoisse d’appropriation.

Effet d’optique : la richesse singulière, la richesse extraite de la mine singulière n’a pas besoin d’être raptée par l’égocentrisme  de l’individu artiste : la mine fait partie de la Terre, de l’Humus, l’Humus fait partie de la Terre, celui, celle qui sent fait partie de la Terre, la Richesse fait partie de la Terre. Continuer la lecture de « Sur l’égalité »

Le cœur d’Emily Dickinson

mercredi 29 novembre 2017

Le cœur absolu

et non pas l’esprit absolu

– j’avais, par erreur, d’abord pensé à ça.

 

Du cœur l’esprit se nourrit

Comme tout parasite

Si le cœur est riche

L’esprit profite

 

Mais si le cœur faillit

L’esprit s’émacie

Si absolu ce qu’il

Y puise

 

Progressivement je me fais un chemin corporel, dans le livre

– cerveau, lèvre, cœur… Continuer la lecture de « Le cœur d’Emily Dickinson »

Histoire des anarchistes d’Octobre et Atelier Guerre et Humanité

samedi 25 novembre 2017

journal, journal

cet après-midi, participation spontanée (Lecture d’un peu de Sur ça de Maïakovski) à un meeting, une rencontre organisée par les anarchistes, sur la relation tragique entre bolchéviques et anarchistes

l’histoire, comme le reste, je la connais par ouï-dire, en quelque sorte

Mais le ouï-dire fonctionne autant comme chambre d’écho

S’il y a une partie à lire c’est l’épilogue – l’arche aborde

L’arche aborde

L’an-arche aborde Continuer la lecture de « Histoire des anarchistes d’Octobre et Atelier Guerre et Humanité »

Un mot ancien, L’Hemme

Mardi 21 novembre 2017

Ainsi vous existez. Phrase poème lancée à Elise et Toni. (Elise Roulin et Toni Kastelan étaient à Rouen le week-end du 11 novembre.) Le couple existe, le poème couple existe. Couple est une vieille chanson longtemps remisée dans le grenier des sentiments perdus, entreposée, installée dans la cave, salle technique. Et couple revient comme jamais entendu. Continuer la lecture de « Un mot ancien, L’Hemme »

FIVE EASY PIECES Milo Rau / IIPM / Centre d’Art Campo (Suisse / Belgique) au CDN Normandie, programmé par ART ET DECHIRURE

Dimanche 19 novembre 2017. 7h.

Rets. Tomber dans les rets de l’autre. Tisser – innocemment ou à la mode perverse – de tels rets que ceux, celles qu’on aime y tombent.

Rets rime avec arrêt. Rets signifie immobiliser l’autre, l’enfermer, ou le faire bouger : on agit l’autre (théâtre de marionnettes, dans la philosophie, dans la politique, dans l’amour).

La poésie de ce spectacle engage une méditation sur l’horreur, avec les enfants que nous avons toujours été, avec les adultes que nous avons toujours été.

Five easy pieces, programmé par Art et Déchirure, José Sagit, accueilli – festival généreusement accueilli – par le CDN, David Bobée et son équipe. Continuer la lecture de « FIVE EASY PIECES Milo Rau / IIPM / Centre d’Art Campo (Suisse / Belgique) au CDN Normandie, programmé par ART ET DECHIRURE »

une suite de la déclaration du 17 octobre 2017

à l’ami qui ramène toujours et toujours Tartufe en guise de bagage en grande émotion, je propose une visite dans les non-émotions.

à l’ami qui devant l’idée même d’inventaire regarde sa vie comme vie ratée, je propose le ratage comme carburant principal de toute création, de toute vie créative.

à l’amie qui croit être dans le vrai de la proposition qui lui est faite, je propose de se proposer autre chose.

à l’aimée limée à l’expérience commune du temps, je propose de la suivre un moment, qu’elle me suive un moment, que nous suivions un moment la grâce tierce voire la déchéance tierce, puis un oubli, oui, que nous nous oubliions, comme savent faire les héros de notre temps, les Alzheimer, puis que l’utopie nous revienne, avec ses cadeaux de noël sous les bras, et que nous aimions tout de ce que nous voyons de nous, et autour de nous, jusqu’à l’explosion de nos deux étoiles là-bas, que sur terre d’humbles et géniaux chercheurs enregistrent, décryptent et convertissent en explosion de savoir. Continuer la lecture de « une suite de la déclaration du 17 octobre 2017 »

Une déclaration du 17 octobre

De belles scènes d’amour. De beaux ateliers. De beaux échanges. Une belle performance en préparation. Un beau livre en préparation. Une belle rencontre tango en préparation. Beau veut dire que nous aimons et que nous aimons aimer sans heurt, nous aimons l’absence de heurt, nous aimons l’absence de conflit, nous aimons la paix réelle, nous aimons la réciprocité de l’amour, de la beauté, du sentiment de beauté, nous aimons quand quelqu’un, une idée, un être, se serre dans vos bras, dans votre cerveau, dans votre corps, votre sexe, nous aimons éternellement lorsqu’apparaît subreptice l’amour et l’éternité en même temps, nous voulons le beau, éternellement. Aujourd’hui plus qu’hier nous le voulons dans l’écume de l’instant maquillée en profondeur d’être. Nous aimons dans l’instant très humanoïde, très fabriqué, très économique – l’économie de l’instant –  nous aimons aimer dans l’absence de conflit. Continuer la lecture de « Une déclaration du 17 octobre »