L’image de Fred Margueron devrait agir.

mercredi 24 octobre 2018

Je vais aller, ce matin, dans un ou deux cafés à Grand Quevilly, autour de la Maison des arts et du théâtre, avec une grande photographie de Fred Margueron.

Laisser parler les gens. Il y a le café du théâtre, et l’autre, le café des Provinces, qui fait tabac-presse. Le café du théâtre fait PMU également.

 

La semaine dernière, accueil favorable du patron du café du théâtre, et favorable celui de l’autre, réputé plus difficile, plus macho. Il y a deux ans et demi qu’ils ont repris cette affaire, les patrons, l’homme était cadre dans je ne sais plus quoi, chômage et reconversion, avant la retraite, Madame ne travaillait pas. C’est donc une reconversion. 1500 personnes par jour ! au tabac-presse. Ils développent un nouveau service, je ne sais plus lequel… Le patron m’a fait asseoir à une table. J’avais vu la patronne, entre le tabac et le bar. Il y a des marches, j’étais en haut, et elle en bas, puis elle est remontée à mon niveau. Elle a tout de suite été séduite par l’idée. Attendez, j’en parle à mon mari, il va descendre. En effet il y a une salle ou un bureau en haut, non, c’est leur appartement, un escalier que je n’avais pas vu. L’abstraction dans laquelle je vis ne me fait pas imprimer les couleurs, les vêtements, les espaces. Il faut beaucoup de philosophie, et une philosophie qui bifurque de son chemin de philosophie pour retrouver, réinvestir le sensible au cœur de ce qu’elle appelle la pensée.

Le philosophe est un handicapé. C’est ce qui me rapproche de lui. Continuer la lecture de « L’image de Fred Margueron devrait agir. »

Aujourd’hui, c’est ça

vendredi 19 octobre 2018

Beaucoup, beaucoup de choses, dans le désordre, beaucoup, beaucoup de désordre : juste un horizon, un certain horizon de phrases, à 360° donc, mais ces phrases concernent aussi la pesanteur, l’infini bas, la gravité, l’infini haut, tout ça n’est jamais qu’esquisses d’infinis, ces désordres qu’esquisses de désordres, et les ordres qui en découlent, esquisses aussi.

 

Sans doute cette esquisse d’œuvre, qui, je le crains, n’aboutira jamais, concerne-t-elle un reformatage (pour employer peut-être abusivement la métaphore informatique), reformatage radical du psychisme humain, du co-psychisme humain car le psychisme est co-psychisme, d’emblée, la vie est co-vie, à la source.

Le psychisme individuel, capitaliste, libéral et l’économie relationnelle qui en résulte sont à bout de souffle.

Les psychismes identitaires, autoritaires, à pulsion fasciste ou à décompensation communiste s’enfoncent dans la toxicité radicale de la domination et de la contre-domination.

L’anarchisme est une rêverie de l’époque individualiste, généreusement envisagée dans des associations d’individus. Continuer la lecture de « Aujourd’hui, c’est ça »

Avant avant-hier, c’était ça

mardi 16 octobre 2018

 

Pas, refus ou déficience, homéopathique ou envahissante, la négation on se la porte à chaque pas.

L’oubli et le revenir aussi.

Le non apparait ou disparait mais toujours toujours disponible. Oui à non, non à oui ou plutôt non à oui, oui à non, non à non, oui à oui, logique, ontologie de la logique ? quand la logique touche, quand la logique est affect.

Nous faisons du tango le moment particulier d’une danse à deux, d’une danse du deux, où l’idée même de la liberté est une idée deux, l’idée comme quoi deux est libre.

Entrer plus en corps dans le oui et plus en corps dans le non. Continuer la lecture de « Avant avant-hier, c’était ça »

Pas autre chose que

mardi 9 octobre 2018

 

Pas autre chose que

« Déchire ces ombres enfin comme chiffons,

vêtu de loques, faux-mendiant, coureur de linceuls :

singer la mort à distance est vergogne,

avoir peur quand il y aura lieu suffit. A présent,

habille-toi d’une fourrure de soleil et sors

comme un chasseur contre le vent, franchis

comme une eau fraîche et rapide ta vie.

 

Si tu avais moins peur,

tu ne ferais plus d’ombre sur tes pas. » Continuer la lecture de « Pas autre chose que »

POLITIQUE TANGO, reprise

jeudi 27 septembre 2018

On se réfère à notre expérience, l’Histoire fait partie de notre expérience et inverse. On commence par une ordinaire incapacité à commencer, on est nul, on ne se souvient de rien, et on n’a rien à dire, rien à faire vraiment, on ne désire rien ou ce qu’on désire se heurte à : je ne sais pas quoi. On est en panne, ça commence comme ça. Le pouvoir est exercé par des incapables, comme mon expérience me l’indique lorsque j’essaie d’exercer le pouvoir d’être moi et que je n’y arrive pas. Nous sommes arrivés à une époque où le pouvoir ne peut être exercé que par des incapables parce que le pouvoir  est un régime d’incapacité relationnelle. Continuer la lecture de « POLITIQUE TANGO, reprise »

POLITIQUE TANGO

mercredi 26 septembre 2018

Jadis il appelait Grand Effaceur cette sensation et d’oubli vertigineux et d’aphasie quasiment, cette façon de rester muet, phrases blanches sur papier blanc, non, phrases blanches sur papier blanc engendre une sensation fluide, zen, quand la sensation de jadis, toujours visiteuse de présent, butait, butait sur la butée, butait sur un arrêt, et, l’écriture butant ainsi, la sensation était que le langage tout entier butait, s’arrêtait Continuer la lecture de « POLITIQUE TANGO »

Une poussée hier demain, une poussée hommes femmes : tango

dimanche 23 septembre 2018

Présente est la poussée , la poussée-deux, présente la poussée terre ciel, la poussée psoas, la poussée nord sud est ouest, présente est la poussée-hier et présente la poussée-demain

Tantôt je vais plutôt à hier tantôt je vais plutôt à demain

Mais là où je pousse c’est poussée une sur hier demain

La poussée a lieu, a élu domicile, usine et hôtel, au centre de gravité

Présent, très présent est ce centre de gravité, cet aimant où naissent, s’éloignent, se collent hier et demain

C’est très beau Continuer la lecture de « Une poussée hier demain, une poussée hommes femmes : tango »

Tango, tetigi, tactum, tangere

dimanche 9 septembre 2018

Tango.

Rêverie étymologique.

Pour l’africaine, réécouter Caseres.

Pour l’africaine, s’en remettre à toute pensée authentiquement disponible à la manière africaine, à la manière africaine de sentir l’Afrique en toute chose.

J’aime à imaginer que nous sommes tous noirs, tous esclaves lorsque nous dansons le tango, notre élégance est une caricature africaine, il faut sentir le goût de la caricature, le goût africain de la caricature pour apprécier notre goût de l’élégance dans le tango.

Vaste territoire encore inexploré d’une tradition dynamitée par ses origines mêmes.

Tango, tetigi, tactum, tangere, toucher, toucher à – prendre, goûter, manger ; aborder un lieu, atteindre, être contigu à, frapper (les cordes d’une lyre, ou toucher de son fouet, porter la main sur quelqu’un), touché, frappé par la foudre, toucher, séduire ; imprégner, mouiller – répandre de l’eau sur son corps ; affecter, impressionner, émouvoir ; duper, attraper, soutirer ; toucher, traiter, parler de ; toucher à, s’adonner à – forme primitive, tago.

L’histoire linguistique est une science, et je ne m’aviserai pas de contrefaire cette science Continuer la lecture de « Tango, tetigi, tactum, tangere »

Une résidence d’écriture autour de l’artothèque et de la Maison des Arts de Grand Quevilly

Notes pour le projet 2018-2019

Point de départ

L’idée originale de la Maison des Arts, c’est de constituer des vignettes sonores, parlées, sur les œuvres de l’artothèque. Et c’est autour de cette idée que la pertinence d’une résidence d’écriture, dans la foulée des premiers ateliers d’écriture avec l’AEJ, s’est révélée.

Démocratie de l’art

Transmettre un regard subjectif et parlé, c’est d’emblée le confronter à l’autre regard et lui offrir, et ce don est, pour qui le reçoit, une invitation et une stimulation à entrer dans sa propre expérience de regarder et de parler et de transmettre, et ces échanges de subjectivité font une forme de danse, de connexion esthétique avec le monde, avec l’art. C’est peut-être là que réside, que vit, que se concrétise ce qu’on appelle la démocratie de l’art.

Une œuvre, c’est de la durée. Les traductions verbales, si elles étaient équivalentes au temps d’existence de l’œuvre visuelle, feraient des romans de 10 000 pages et plus pour chaque œuvre.

L’idée, c’est qu’en droit nous fassions exister de tels romans : la démocratie de l’art est une pratique, une épreuve constante. Ce n’est pas la foire d’empoigne des jugements, des opinions, c’est une création continue, partagée, le plus souvent secrète, anonyme, « privée », et de temps en temps, publique, exposée, jouée en public, discours, ateliers, conférences, vernissages, etc., et, ici, projet éminemment créatif de « vignettes sonores ».

Le projet : autour des vignettes sonores

La vignette sonore : document et poésie sonores

L’objectif de produire des vignettes sonores rattache le projet à de la poésie sonore et à du documentaire radiophonique. La lecture, la mise en voix, ou parfois la seule improvisation vocale des publics, formeront le mode principal de restitution, de performance : chaque texte de vignette sonore, écrit ou improvisé, devra être enregistré en présence de l’œuvre correspondante. Il importera de faire sentir à l’auditeur la présence réelle de l’œuvre parmi le groupe, ou à côté de la personne performeuse.

Les vignettes sonores tiennent leur justification de la collection de l’artothèque. Je propose néanmoins d’étendre la pratique de la vignette à des œuvres de passage (dans les expositions temporaires) et de composer des vignettes pour des œuvres qui deviendront absentes. L’idée radicale serait de ne pas fournir d’image, d’illustration de cette œuvre absente. Juste son cartel et sa ou ses vignettes sonores. Ainsi le projet serait en mesure d’embrasser Artothèque et Maison des Arts et de constituer en quelque sorte une collection d’œuvres absentes.

La vignette comme voix du regard, parlée ou écrite

Je me propose de développer « mon art du spectateur » par le dispositif très simple et toujours renouvelé et renouvelant, lequel consiste à relever des mots venus de l’œuvre regardée, relever des mots venant de qui regarde, des mots comme autant de fenêtres sur des associations possibles, des phrases possibles, des articulations sensibles. Le dispositif peut se jouer à maint niveau de complexité ou d’extrême simplicité, c’est son atout. C’est toujours une composition, une danse des mots venus de l’œuvre et des spectateurs.

C’est un jeu qu’il sera possible de pratiquer de façon collective (avec des groupes, des classes) et de façon individuelle. Ainsi le travail avec des personnes isolées pourra prendre la même valeur qu’un travail collectif avec des groupes, débouchant l’un et l’autre sur des vignettes sonores originales.

Les publics visés

Je me propose de ne pas seulement travailler avec les gens et les groupes que la Maison des Arts me proposera, mais aussi d’aller « dénicher » des personnes, des groupes, parfois dans des cafés, dans des commerces, parfois dans des « structures », parfois dans des établissements scolaires, mais hors dispositifs culturels, en allant voir par exemple les personnels ATOS des établissements scolaires ou les familles, parfois dans des « zones de non-droit », si de telles zones existent à Grand-Quevilly et dans l’agglomération.

La dimension spécifique de l’enregistrement

Enregistrer des vignettes sonores demande de travailler spécifiquement la dimension vocale et expressive de la lecture, ou bien de la conversation spontanée. Les temps et les modalités d’enregistrement feront partie intégrante du projet et feront « objectif » pour chaque participant – individuel ou collectif.

MAISONS, un atelier à la MAISON DES ARTS de Grand Quevilly avec l’Atelier Educatif de Jour de l’Association pour Adultes et Jeunes Handicapés

Cette édition (disponible à la Maison des Arts et  téléchargeable ici) est la restitution d’un atelier d’écriture et d’expression mené par Philippe Ripoll avec les membres de l’AEJ et l’équipe de la Maison des Arts. Cet atelier s’est déroulé en 7 séances de janvier à juiin 2018. une restitution publique de lecture à voix haute s’est déroulée le 6 juillet 2018 à la Maison des Arts.

DUCHAMP DANS SA VILLE / DUCHAMP DANSA, VIL – L’atelier « DÉ-PRENDRE DUCHAMP »

Dans le cadre de « DUCHAMP DANS SA VILLE », projet de l’Université de Rouen et de la Fondation Flaubert, l’atelier d’écriture nomade  » L’idée c’est dé-prendre Duchamp » s’est déroulé de janvier à juillet 2018 à Rouen.

L’atelier s’est inspiré d’une réflexion de Bernard Marcadé  :

« Marcel Duchamp est un artiste de la déprise. Il a passé sa vie à se déprendre, du tableau, de la peinture, de l’esthétique, des femmes, de l’argent, du travail comme de la propriété… Ruiner Uriner… Ne pas posséder, laisser faire, laisser dire, c’est ne pas se mettre en prise, ne pas alimenter la machine esthétique et sociale. Le « transformateur des petites énergies gaspillées » imaginé par Duchamp dans ses Notes, constitue bien une manière de recycler ses propres incontinences. »

Bernard Marcadé, in L’urgence de l’art, entretiens avec Jérôme Alexandre, Postface d’Alain Cugno, éditions Parole et Silence, 2015.

Il s’agissait alors de saisir l’occasion d’un retour du fantôme Duchamp dans sa ville pour expérimenter à nouveau l’art comme heureuse puissance de désenvoûtement, de « décroyance » (décroissance de nos illusions coûteuses).

L’idée de départ était :

Un urinoir/ruinoir de discours, jeu ouvert à toutes et tous.

Le « déviavoice » (logiciel mental délibérément défaillant de dictée vocale), forme e-technologique héritière de l’holorime, de l’homologie approximative et des méthodes dérivantes de Raymond Roussel, sera proposé pour « déviavoicer » des discours d’inauguration des expositions du moment, des discours officiels, politiques, médiatiques du moment. La restitution visuelle se ferait par projection sur un urinoir, le texte modèle au-dessus, le texte déviavoicé sur l’urinoir même.

La réalité fut simple et radicale :

L’atelier s’est finalement resserré sur le programme de « Duchamp dans sa ville » plus que sur ses manifestations. Une équipe de déviavoiceurs et déviavoiceuses a entrepris de faire dériver le programme dans son entier. Un participant-artiste caviarde, avec la complicité de l’équipe de Duchamp dans sa ville, la maquette du programme.

Le « déprogramme » a été édité en 100 exemplaires. il est disponible en fichier PDF : DEPROGRAMME DUCHAMP DANSA, VIL

et se propose d’être lu, joué en relation constante avec son « original » : PROGRAMME DUCHAMP DANS SA VILLE

Le principe d’écriture, comme de lecture, est d’arrimer constamment le texte déviavoicé au texte d’origine. Il faut donc avoir les deux livrets en main (ou sur écran) : le programme et le déprogramme. Le geste poétique est entre les deux.

Il ne s’agit pas d’un simple mime dada ou d’un jeu oulipien post-duchampien destiné à montrer des exploits en calembours, mais d’un jeu, des plus sincères, de destruction et recomposition partielle du sens, où chacun, écrivant et lecteur, est invité à enquêter sur sa capacité consciente et inconsciente à jouer de l’instrument-langue et à s’en laisser jouer, jusqu’à un certain épuisement – en effet, ça vide, ça lessive. Notre relation aux discours d’origine (de croyance) s’en trouve mieux qu’amusée : libérée, en quelque sorte. Et disponible pour de nouvelles intelligences.

Une performance-lecture s’est déroulée mardi 19 juin au Musée des Beaux-Arts de Rouen, à l’entrée et à la sortie de l’exposition « ABCDUCHAMP, l’expo pour comprendre Marcel Duchamp ». Une trace filmée est disponible iCi.

Participants

Gilles Åsmund

Mieszko Bavenkoffe

Isabelle Gard

Eric Lebourg

Pascale Marchalduchamp

Hélène Vé

Cat Web

Et la participation ponctuelle de Cléo

Atelier animé par Philippe Ripoll

Maquette patiemment caviardée par Mieszko Bavenkoffe

Film réalisé par Pascale Marchalduchamp et Mieszko Bavenkoffe

 

Table des auteur.e.s : Marque-pages

 

 

 

 

Être sincère aujourd’hui

lundi 3 septembre 2018

Ce n’est pas un espace de travail sincère, c’est une mise en scène permanente, c’est une invasion d’autrui, c’est une soumission permanente, ou compétition permanente, même chose, la compétition est soumission à l’ordre d’autrui, l’ordre social est un ordre autrui, autrui résonne aussi en malotru, l’aimé.e n’est pas toujours là, pas toujours présent, ni toujours absent, vous avez besoin comme moi de repli, d’une base, nous avons cru que la propriété est la forme idéale de notre repli, de notre base, avoir son coin à soi, sa tanière à soi, sa cache, son pré carré, non, pré carré entre d’emblée dans la compétition générale, c’est non pas je me cache, je me replie, c’est ne t’avise pas de me le disputer, ce coin à moi, nous avons mal à l’autre, l’autre ne cesse de nous faire mal, il faut s’en protéger, il faut se protéger de notre croyance que l’autre est tout pour nous, l’autre ne cesse de nous agresser car nous-mêmes sommes de constitution vorace, nous mangeons l’autre à longueur de journée, nous consommons l’aimé.e à longueur de journée… Continuer la lecture de « Être sincère aujourd’hui »

Et aujourd’hui

vendredi 1er juin 2018

 

après avoir déviavoicé l’ennui de tout discours –

la parole ramenée au pouvoir : à la jouissance brutale et sommaire, jouissance de soldat violeur

toute l’existence violée par le Discours

par la Société tête réduite selon la loi des chefferies sans scrupule

après avoir déviavoicé tout ça, après avoir fait couler l’acide de la confusion et de l’écho

qu’est-ce que ça dit ? qu’est-ce que tu dis ?

Je me suis posé la question en réécoutant Bérénice ! Continuer la lecture de « Et aujourd’hui »