Atelier éclair dans l’exposition 22+1 à la Passerelle

C’était samedi 21 janvier, de 10h à 13h à La Passerelle, ESPE, Mont-Saint-Aignan

 

 

 

 

 

 

 

L’atelier éclair à la Passerelle, dans l’exposition itinérante, 22+1, conçue par Camille Pontallier, dans une version déclinée en collaboration avec les artistes professeures à l’Esadhar, Béatrice Cussol et Dominique de Beir.

Vous trouverez une présentation de l’exposition ici, à quoi il faut ajouter le protocole initial : la commissaire de l’exposition propose que 23 artistes lui offrent une œuvre, en format A4 ou approchant. Un don sollicité auprès de 23 artistes femmes, par une femme, Camille, qui fut homme, autour de la question du genre.

Ce que peut l’amitié de l’art. Et ce qui se voit de l’amitié de l’art, dans une expérience relationnelle, au-devant du politique, au-devant du médical, au-devant des batailles idéologiques autour du GENRE.

Trois heures, un samedi matin, lieux vides. Trois petites heures pour juste approcher cette vibration relationnelle.

D’abord lecture de Henri Michaux pendant qu’ils-elles regardent, re-regardent l’expo. « Les Yeux » (in La nuit remue, Gallimard 1967).

D’emblée une plongée dans la matière de l’expérience, du regard, de l’intensité vécue des métamorphoses de l’œil.

Puis autour d’un Cussol, grand format. Petite cérémonie (c’est presque un passage obligé pour moi) de mots dits, puis placés, inscrits par tous en paysage sur sa feuille blanche. Rien que des mots, c’est-à-dire rien que des fenêtres sur des aspects de l’œuvre, et ça s’ouvre, ça n’en finirait pas de s’ouvrir. Puis, à partir du mot rêve qui est sorti – ces images de Cussol ont partie liée avec le rêve –, la proposition que ce tableau devienne leur rêve – ou cauchemar – à eux, à elles, regardeurs, regardeuses. D’emblée, pour qui n’avaient jamais participé à un atelier d’écriture, bouffées d’écriture, un moment réellement vécu, avec les mots. On écoute les lectures tantôt en ouvrant les yeux, tantôt en les fermant. Intersection vibrante entre cerveaux et composé de cerveau-corps et de matériau (l’œuvre).

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Puis, parce que c’est une expo composée pour des dialogues prévus ou imprévus entre démarches bien différentes, chacun-e est placé-e, se place devant une œuvre différente, mots partagés comme précédemment, mots-fenêtres sur l’œuvre qu’on a en face et les autres qu’on a comme latéralement, en tête. Et avec tous ces mots, après en avoir fait « réverbérer » quelques-uns, après aussi avoir lancé quelques phrases courtes, avec ce matériel commun, s’engager dans un texte, récit, chapelet de phrases ou autre, dont le narrateur, le locuteur est de l’autre genre que le sien, masculin si l’on est femme, féminin si l’on est homme. Et tout utiliser, tout « caser » dans ce texte, récit, ensemble ou série de fragments (c’est généralement un texte, un récit, un ensemble qui est travaillé, besoin d’une reprise-synthèse dans ces étapes d’écriture vécue). Belles, magnifiques croisées. L’atelier s’intensifie. Puis chacun-e se choisit une œuvre, « son » œuvre qui va fonctionner comme lettre, comme message spécifiquement envoyé à soi (intensifier le narcissisme du regardeur, de la regardeuse). C’est bref, c’est intense, tout le monde est engagé, dans son axe.

Pour clore, on envoie, chacun-e envoie –fictivement– ce petit bloc d’expérience à Camille, avec copie aux artistes, Béatrice et Dominique. Avec un petit mot d’accompagnement.

La relation à l’autre, la dette, le don à l’autre, histoire d’amour, toujours, avec l’autre. Ces mots ont encore une emphase qu’on peut aisément effacer. On se quitte à treize heures quinze, assez heureux-heureuses, je crois. Pas eu le temps de lire ce texte de Hélène Cixous que j’avais prévu de lire, écrit en 1974 ! dans un livre cosigné avec Catherine Clément, La Jeune Née (dans l’ancienne collection 10/18 de Christian Bourgois),  titre de circonstance ici, avec un dessin de Mechtilt, assez consonnant avec ceux de Béatrice Cussol, ce texte, le voici, en fragment,  Cixous la jeune née : cqfd.