Parcours développé

La découverte du tango, ses harmoniques dans la vie d’écriture

Depuis Septembre 2014, la découverte du tango avec l’association Cuatro Tango (Rouen) oriente le travail, la recherche de P.R. Son motif relationnel se condense à partir de l’expérience, du vocabulaire, de l’histoire et des perspectives du tango : art populaire et savant, axe, bienveillance, connexion, combinatoire poétique, conversation dansée, créativité, écoute, marche, mélancolie jubilatoire, migrations et exils…

Le projet au long cours, VI∉ S   et DANSS, journal de mutations, donne forme à cette interface entre écriture et expérience singulière du tango.

Les ateliers d’écriture, performances, propositions d’interventions sont désormais guidés par cette démarche.

La relation concrète à l’autre – l’immersion sociale –

est au coeur de la démarche littéraire de P.R. depuis plus d’une dizaine d’années, à travers la publication de neuf livres, qui prennent leur source dans des relations intenses à l’intérieur des cadres institutionnels qui l’accueillent. Il explore l’énigme, le suspense, la créativité du rapport à l’autre dans l’écriture – documentaire et fictionnelle. Cela donne des portraits de personnes singulières, ou de groupes, des récits, des prises de parole, des silences, des situations d’écriture-limite, comme par exemple l’expérience à l’intérieur de quatre unités Alzheimer, chantier de poème mural recueillant des traces, des éclats de sens et de non-sens authentiquement partagés entre poésie et maladie (poème de 600 pages non édité).

Les livres modulent ce leit-motiv, et tentent chaque fois d’inventer, une forme, une relation nouvelle, ainsi, par exemple :

Les Héritiers de l’inégalité” (2013) parcourt la Nanterre française-algérienne en développant longuement un “instantané” : une scène de crise collective dans un centre social relative au ver de “l’identité nationale” alors instillé dans le fruit public, puis en faisant place aux paroles fragiles, parfois au bord du silence, liées à la mémoire coloniale, à la guerre d’indépendance, aux stigmatisations post-coloniales, portraits générationnels de femmes, de militants de l’indépendance, de l’antiracisme, de harkis aussi.

Saint-Denis, Théâtres intermédiaires I et II” (2011-2012) dresse un portrait de Saint Denis, à travers une circulation têtue entre quartiers et Théâtre Gérard Philipe. “Prendre langue avec la vôtre”, sorte de livret épistolaire (des femmes en atelier d’alphabétisation écrivent aux artistes des spectacles qu’elles vont voir), agence un “autoportrait collectif” rejetant au loin les clichés sociaux. “Habiter d’un monde à l’autre”, du théâtre à la réalité et de la réalité au théâtre, construit des portraits en forme de ponts existentiels entre les milieux théâtraux et les milieux de l’immigration, de la rue, de la relégation.

Mémoire des futurs” (2010) dresse un portrait des Hauts de Rouen en pleins travaux. Expérience intense, hyper individuelle et hyper collective, elle témoigne de l’attachement passionnel et de la distance poétique de l’auteur avec sa ville.

L’atelier d’écriture

est devenu une brique, un élément constitutif de sa démarche. Une longue pratique d’atelier d’écriture, constamment renouvelée, stimulée notamment par celle de l’écrivain François Bon, et constamment alimentée par la relation aux arts, par la réception esthétique. Ses techniques d’atelier ont pu se développer pendant trois ans auprès des Deuxième année de Sciences Po Paris (2011-2014).

Inaugurée au Théâtre d’Evreux, pendant sa résidence d’auteur, dans un hôpital de jour (1990-1993) et au Lycée agricole du Neubourg (1990-1991), sa pratique s’est développée et enrichie d’expérimentations au long cours au “Chantier”, espace artistique intérieur au Centre hospitalier spécialisé du Rouvray (Sotteville les Rouen) animé par José Sagit et Joël Delaunay, tous deux fondateurs du festival Art et Déchirure (1993-2002), ainsi qu’au Lycée d’enseignement général L.S. Senghor à Evreux : de 1993 à 2002, Monique Saget, enseignante et détachée auprès du rectorat de Haute-Normandie pour le développement du livre et de la lecture, l’y a assidûment invité à animer un atelier d’écriture. Furent notamment expérimentés des ateliers d’écriture-danse avec Philippe Priassot, danseur de la Compagnie Beau Geste). Avec Monique Saget ainsi qu’avec Marie-Claude Cortial-Cognac, enseignante et alors détachée pour l’action culturelle et éducative au Musée d’Evreux, il a expérimenté une pratique transversale, à travers ce qu’ils ont nommé “les écritures de visiteurs” : des ateliers d’écriture dans un musée devant une oeuvre (dispositifs qui, quelques années plus tard, devaient être institutionnalisés).

Écritures de visiteurs, écritures de spectateurs,

Philippe Ripoll a multipié ces ateliers dans de multiples structures culturelles, dont le FRAC de Haute-Normandie, le musée Malraux du Havre (1996-2002), le Centre dramatique national de Caen (2002), le centre culturel Bélèm de Lisbonne (2002), un festival de théâtre jeune public à Parme (1996), le Théâtre jeune public de Strasbourg (1998), le théâtre du Beauvaisis (1998), La Source, association de Gérard Garrouste (notamment en 2002 autour de l’oeuvre exposée de Fabrice Hyber).

Il a intégré les potentialités créatives de cette démarche dans la longue expérience (2005-2008) avec les ex-ouvrières de Moulinex et d’autres chômeurs et grands précaires, avec notamment le Centre dramatique national de Normandie et l’artothèque de Caen (“Nous ne sommes pas une fiction”).

Le coup d’envoi, en quelque sorte, à cette pratique de longue haleine avait été un colloque national (1995) qu’il avait conçu et mis en oeuvre à Rouen : “La position de spectateur, aujourd’hui, dans le théâtre et dans la société” (La revue Du théâtre, hors série, Actes Sud, 1996). Ce colloque, qui réunissait Régis Debray, Daniel Sibony, Georges Banu, Olivier Py, Christine Buci-Glucksman et bien d’autres, avait eu un certain retentissement. C’est que

la problématique culturelle,

n’a cessé d’habiter sa démarche artistique, et réciproquement : cela est dû notamment à sa formation théâtrale au sein du Centre dramatique national de Bourgogne (1974-1979) qui était encore imprégné des problématiques jeansonniennes autour de la création, de l’animation, du non-public, etc. Et, lorsqu’à la suite de Jérôme Alexandre, qui y avait accueilli ses créations théâtrales, ses écritures et ses expérimentations scéniques, il prend la direction du Centre Marc Sangnier à Mont-Saint-aignan (1985-1989), il développe les Soirées du Vendredi en accueillant artistes, musiciens, comédiens, philosophes, chercheurs et publics toujours nombreux et avides de rencontres atypiques. C’est pour lui une époque d’expérimentation intense de pratiques artistiques pluridisciplinaires, de recherches intellectuelles radicales, et de rencontres fortes (Valère Novarina, Pierre Schaeffer, Maurizio Nannucci, Grand magasin, Noir Limite, Art Seine Tri D, Denis Godefroy…)

Son expérience d’auteur associé au Théâtre d’Evreux-Scène nationale (1989-1992) représente une continuité d’engagement atypique dans la vie artistique et culturelle de l’époque. Artiste ou “médiateur”? L’alternative n’est pas là où on croit. L’amitié artistique avec l’étonnante personnalité qui dirigeait alors le théâtre, Jacques Falguières, le conduira à des collaborations artistiques en tant qu’auteur, à des engagements culturels auprès des publics ébroïciens ainsi qu’à des colloques et rencontres intellectuelles de haut niveau. Cette dynamique le conduira à

l’Université de Rouen,

sur l’invitation de Robert Weil, sociologue, alors directeur de l’UFR de sciences sociales de l’université de Rouen. Il y organisera, avec le soutien actif de la Direction régionale des Affaires culturelles de Haute-Normandie, alors sous la responsabilité de Anita Weber, et avec la complicité de Jérôme Alexandre, alors conseiller musique et danse à la DRAC, le colloque sur le spectateur (cf. plus haut). Maitre de conférences associé, il se trouvera associé au DESS “Responsabilité de projets culturels” dont il prendra ensuite la direction (1995-2005) en s’assurant des conseils et de la collaboration de Michel Simonot, sociologue, auteur et formateur culturel.

 

Bibliographie (livres, conférences, interventions)

 

LES HERITIERS DE L’INEGALITE

Théâtre documentaire

En compagnie des habitants français-algériens de Nanterre

Éditions PUBLIE.NET (version numérique, version papier) 2013

 

SAINT-DENIS, THEÂTRES INTERMEDIAIRES I ET II

     PRENDRE LANGUE AVEC LA VÔTRE

     HABITER D’UN MONDE A L’AUTRE

En compagnie des habitants de Saint-Denis et du Théâtre Gérard Philipe (résidence auprès du Théâtre Gérard Philipe, de l’association des femmes du FrancMoisin, de la Maison de la Solidarité et de la maison de quartier de La Plaine)

Éditions L’Harmattan 2011-2012

 

A LA POINTE NOIRE DU TEMPS

Poème documentaire

En compagnie de slameurs et comédiens de Pointe-Noire, République du Congo, centre Culturel Français

Éditions L’Harmattan 2011

 

PITRES, LA VIE ENSEMBLE

Fiction documentaire

En compagnie des habitants de Pitres, Le Manoir sur Seine, Romilly sur andelle, et notamment des personnes immigrées et héritières de l’immigration

Éditions L’Harmattan 2010

 

MEMOIRE DES FUTURS

Poème documentaire

En compagnie des habitants de Rouen, sur les hauteurs de la ville (résidence au sein du « Grand Projet de Ville »)

Éditions L’Harmattan, 2010

 

À TRAVERS TEMPS

Entretiens au pied de la Côte des Deux Amants

(en compagnie de personnes âgées de Pitres)

Editions La Mesure du possible, Bruxelles, 2007

 

NOUS NE SOMMES PAS UNE FICTION

Avec neuf actrices, acteurs d’écriture au chômage (ouvrières ex-Moulinex et autres précaires)

La Mesure du possible, Bruxelles, 2007

 

UN ABRI-LIVRE, expérience en prison

Avec onze acteurs d’écriture en détention (résidence au Centre de Détention du Val de Reuil)

Éditions L’Harmattan, 2005

 

 

Publications et interventions précédentes :

  • DISCOURS ET IMAGINAIRES CULTURELS A L’EPREUVE DE LA RELATION, Journée d’échanges « Art, culture et action sociale : quelle rencontre ? », Caisse D’Allocations Familiales, Rouen, 7 octobre 2004

 

  • DE L’ECRITURE DANS LA PRISON, colloque national de psycho-criminologie, Université de Rouen, 8 avril 2004

 

  • CREATION ARTISTIQUE ET ENFERMEMENTS SOCIAUX, Conférence au sein d’une Formation ARSEC « Culture à l’hôpital », Rouen, 26 novembre 2003

 

  • L’ŒUVRE, LE PUBLIC, L’ETRANGER, Les Carnets du Centre de Recherche et d’expérimentation théâtrales, CDN Caen, 2002/2003

 

  • PSYCHOSES DE SPECTATEURS, un atelier conférence à partir du spectacle « Psychose » de Sarah Kane, mise en scène de Claude Régy, Centre Dramatique National de Caen, novembre 2002

 

  • PAGES D’ENFANTS EN FONCTIONNEMENT, livre-objet produit à La Source, à partir d’une exposition de Fabrice Hyber(t), La Guéroulde, juin 2002

 

  • LE SPECTATEUR KANGOUROU, Atelier d’écriture et conférence au Centre Culturel de Bélèm, Festival Percursos, Lisbonne, octobre 2002

 

  • INITIALE LE HAVRE, Sténopés et autres petites boites de langage, Edition du Musée Malraux, Le Havre, juin 2002

 

  • SOUS L’EMPRISE D’UNE SAISON, un atelier rimbaud, Lycée L.S. Senghor, Evreux, juin 2002

 

  • AVEC UN LIVRE, AVEC UN REGARD, AVEC UN CORPS, un atelier rimbaud, Edition du Centre hospitalier du Rouvray, Rouen, Mai 2001

 

  • VERS UNE POETIQUE DU SPECTATEUR, L’hypothèse d’une réception créative, Université d’été  des CEMEA, 2000 et Département de sociologie, Université de Rouen, 2001

 

  • MAIS QUE FAISONS-NOUS EN CE MOMENT ? QUI A REPONSE A MA QUESTION ? CELA EST INEXPLICABLE. MAIS SI VOUS AVEZ LA POSSIBILITE DE M’EXPLIQUER, ALORS FAITES-LE ! Edition du Collège Marcel Pagnol, Caen, 2000

 

  • LES ENJEUX DE LA CREATION ARTISTIQUE, conférence pour COMELLIA (Section Action Culturelle dans les prisons) auprès de personnels pénitentiaires, avril 2000

 

  • UNE POETIQUE DE LA RELATION, conférence au Centre Dramatique National de Caen, Février 2000.

 

  • UNE LECTURE QUI ECRIT, conférence aux CEMEA de Caen, 3 décembre 1999

 

  • SUR LES TRACES DU SPECTATEUR, in CHAMPS CULTURELS, n° 9, 1999

 

  • ENTRE ŒIL ET VOIX, Editions de Rugles, 1998

 

  • LA BEAUTE DU SPECTATEUR, Atelier d’écriture et séminaire au Théâtre Jeune Public (inédit de 100 pages), Strasbourg, 1998

 

  • LE THEATRE ET L’ETRANGER, mission et atelier d’écriture au théâtre de Beauvais (inédit de 50 pages), 1998

 

  • LETTRE A UN ARTISTE ET AUX AUTRES, in Guy Chaplain, artiste social? Editions DUCHAMP, Yvetot, 1998

 

  • LA SOCIETE NUE[1], Théâtre, inédit, 1997

 

  • L’ESPACE DU POEME, Institut Français de Naples, 1997

 

  • MEDIATION, MEDI(T)ATION, in LA MEDIATION THEATRALE, Editions LANSMAN, 1997

 

  • JUSTE UN PEU D’ART, JUSTE UN PEU D’ENFANCE, Editions EMPREINTE, 1997

 

 

  • LA POSITION DE SPECTATEUR, EN EUROPE, Entretiens du Théâtre Européen, ORLEANS, 1997

 

  • LA POSITION DE SPECTATEUR, AUJOURD’HUI, DANS LA SOCIETE ET DANS LE THEATRE,

(Colloque ROUEN, 1995) ACTES SUD, DU THEATRE ( LA REVUE ) 1996

 

 

  • THEATRE ET SPECTATEUR CONTEMPORAINS, MAISON DES ECRIVAINS/THEATRALES, PARIS , 1996

 

  • SPECTATEUR/PUBLIC, entre l’unité et le nombre, UNIVERSITE DE PARME, 1996

 

  • ART ET POLITIQUE , ou EN L’ABSENCE DE NOM, Livre d’artiste avec Patrice LEFEBVRE , 1996

 

  • DEPAYSEMENT, Editions ART SEINE TRI.D, 1996

 

  • EDUCATION ET MEDIATION, Forum Education artistique, DIRECTION REGIONALE DES AFFAIRES CULTURELLES DE BASSE-NORMANDIE, CAEN, 1996

 

  • ART ET HANDICAP, la défaillance comme accès à l’être, Colloque ACTION ARTISTIQUE ET HANDICAP MENTAL ? Théâtre des Arts, G.E.I.S.T, 1996

 

  • THEATRE ET CITOYENNETE, Hivernales du Théâtre, OISSEL, Table Ronde,1995

 

  • SEUIL, Colloque ART : FONCTION SOCIALE ? Université de Rouen, Ecole Régionale des Beaux-Arts,1995

 

  • HOMO LUDENS, Editions ART SEINE TRI.D, 1994

 

  • ORDRES INTIMES, in CAHIERS DU RENARD, 1992

 

  • LE PHILOSOPHE ET LE MENDIANT , (inédit, Théâtre d’EVREUX), 1992

 

  • APPEL D’UN VISITEUR, in CAHIERS DU RENARD, 1991

 

  • ESUS, ou MYTHIQUES, Edition du théâtre d’EVREUX , 1990

 

  • BARA, ou LA LETTRE MORTE, Edition du THEATRE D’EVREUX , 1990

 

  • PAR UN TEMPS VIOLENT, in Actes du Colloque « PEUT-ON ENTRETENIR LA CROYANCE EN L’ART ? » Editions EVIDANT (colloque organisé par Yves Hélias et Alain Jouffroy à Apt, février 1990)

 

  • L’ACHAT DU SIGNE, in LE THEATRE EN HAUTE-NORMANDIE , Editions MEDIANES, 1989

 

  • ESQUISSE POUR UN LIEU D’ECOUTE, Revue Multiphone, Université de Rouen, 1988

 

  • DIALOGUE, théâtre, 1984

 

  • ASSIS TOUT SIMPLEMENT, dithyrambe, théâtre, 1982 (joué et tourné en 83-84)

 

  • SURFACE AU NIVEAU ZERO DE LA MER, théâtre, 1981 (inédit)

 

  • LE SHOW MEURT, 1979, Dijon, Théâtre de Bourgogne

 

  • A LA NOCE, 1975, Beaune, Théâtre de Bourgogne (texte et expérimentation scénique)

 

  • EN FAMILLE, 1973, MJC de Beaune (texte, jeu, mise en scène)

 

 

 

[1] Les titres en italiques désignent des fictions.