Un dessin un dessein du site

dessin de non-appartenance, Paatrice
dessin de non-appartenance, Paatrice Marchand

dessin du site

 

 

 

 

Un dessein du site

Peut-être avons-nous besoin de reposer nos idées, nos besoins, nos façons de faire, nos désirs, nos pronoms, notre terre, nos possessifs. Ce site serait hébergeur d’un tel repos. Une fois la phrase lancée pour être tournée à tous les pronoms et repos habité de tout mouvement. Et une fois maladresses accueillies – à l’œuvre, alertes : bourdes, chutes, lapsus, dépressions –, dans cette adresse même.

Pour autant, je prends en charge cette chose très solitaire-ouverte. Je n’attends personne ni un autre monde ni les bonnes conditions, nulle autorisation. La séquence individuelle reste dans le génome de notre vie : je fais ce que je peux pour nous être un peu plus agréable-utile dans l’inagrément et l’inutile.

La poésie est sans doute l’alpha et l’oméga de ce qui s’essaie ici, mais je ne suis, n’ai jamais été poète ni éditeur ni spécialiste de poésie, et ici ne saurait être rapté par un microcosme, un monde autorisé du nom de poésie – ni escroqué par on ne sait quelle opération nationale à but lucratif.

Ce sit∉ peut longtemps parler dans le désert, sans s’en lamenter-s’enorgueillir. Il peut aussi supporter des bouffées de délire, d’hubris collective : une audience, une coqueluche, pour à nouveau savourer le silence et la délicatesse anonyme, ouverte, discrète, immensément seule.

Mais, parce que la solitude n’appartient nullement au solitaire, comme la multitude nullement à la foule, seule alors s’écrit s∉ul, par enchantement du sit∉, et nombre nØmbr∉ pareillement.

Extension tango

L’époque semble vouloir se vouer massivement à la violence, à la guerre, à la force nue – paysage néofasciste qui prend au dépourvu les Désarmés du XXIème siècle. Les alternatives révolutionnaires n’ont pas surmonté le passif sur-violent des révolutions du XXème siècle. La question de notre survie est concrètement posée, elle est devenue notre « bien commun », elle s’éprouve désormais à l’intérieur de toute famille, de toute projection familiale. Si les options nihilistes sont résolument écartées, que faire, d’où que l’on soit ?

La découverte individuelle du tango social est souvent l’occasion de révolutions intérieures et de métamorphoses des existences. La discipline fascine, qu’on l’admire de l’extérieur ou qu’on la pratique de l’intérieur. Dès lors qu’on s’y exerce, son principe de base, la connexion, et l’infinité de déclinaisons qui s’offre dans l’improvisation dansée ne cessent de renvoyer à de multiples aspects de la vie individuelle et collective, et de les relancer. Comme la méditation par exemple, le tango nourrit la vie de ceux qui s’y livrent. C’est un « art de la joie » pour autant qu’on consent à traverser les épreuves qu’il nous impose.

Connexion est le maître-mot du tango, il se trouve que c’est aussi le maître-mot de notre civilisation interconnectée. Ces deux horizons sémantiques font arc-en-ciel.

L’idée est de créer une fourmilière d’expérimentations des arts de la relation et de la connexion, dans laquelle le tango serait un carrefour et une respiration.