vendredi 25 décembre 2020, qu’est-ce qu’on s’offre, à distance

au petit matin

Noël, si on faisait un tour de mes croyances, de mes amours

de mes façons d’aimer, de mes façons de croire

si on faisait ça, de l’intérieur

on est bien installé, là, à l’intérieur, au chaud

il faudrait alors, aussi, faire le tour de chaque objection

puis de chaque sortie de croyance, de chaque sortie de façon d’aimer

ces petites sorties dans le froid pour retrouver du chaud

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l’hypothèse durable, celle du jour, c’est, sans trop l’expliquer, l’équivalence de ces deux verbes, croire et aimer

le moment de foi enfantine, quand tu suces le corps du christ, lorsqu’il vient en toi, chaste pornographie, lorsqu’il t’illumine de son sourire, de l’amour de dieu, de l’amour, et que tu te mets à prier, plutôt en cachette car les autres vont se foutre de ta gueule, c’est clair que c’est un moment important

que tu retrouveras de place en place dans ta vie, tantôt avec lui, tantôt avec une femme, qui va rentrer dans ta vie, qui va se répandre dans l’intérieur de ta vie, tantôt avec tes enfants, qui feront office de Grands Voyageurs de ton être

tu l’as déjà eu, ce moment important, avec ta maman mais tu ne t’en rendais pas compte, le début de tout chrétien, de foi, c’est quand il avale le corps du christ, c’est la renaissance qui le fait naître, et quelque chose n’a jamais tourné rond dans cette danse, dans cet espèce de ressentiment anthropologique envers le fait que la conscience ne coïncide pas avec la naissance

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c’est un coup d’œil d’ensemble, un petit tour, rapide, qu’on fait

est-ce qu’il te faut une autre croyance, un autre objet d’amour pour sortir de ta croyance

te délivrer d’un objet aimé, d’une personne aimée

est-ce qu’il faut une autre personne, un autre horizon de langage pour ça ?

est-ce que croire et aimer c’est butiner d’une fleur à l’autre ?

peut-être pas, c’est de l’intérieur que ça se passe, c’est dans croire et aimer que ça change, tout le temps

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la case émancipation est à hauteur de la case dieu

se délivrer est à hauteur de ce qui se produit en soi lorsque tu crois et que tu aimes croire et aimer

la pensée communiste et la pensée anarchiste sont à hauteur, vraiment

comme la pensée capitaliste – et quand on dit le singulier « la », on dit le flux, comme l’être au singulier, comme dieu au singulier, le singulier abrite l’infinie diversité, bref le pluriel, c’est plus difficile en sens inverse, que le pluriel abrite le singulier

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plus vite

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le féminisme est à hauteur, c’est ça le centre de la page du jour

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ça communique à l’intérieur, à hauteur, c’est-à-dire a maxima

ce ne sont pas des débats d’idées, ce sont des façons d’aimer

comme « l’art » est à hauteur, toujours, comme science est à hauteur, toujours, comme économie, toujours

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plus vite, escargot

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à l’intérieur de chaque lutte, une foi d’enfer, une furieuse façon d’aimer

enfer et furieux employés ici pour accroitre l’intensité positive

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la conversion est toujours utile pour moi, j’ai besoin de puissances de transformation

et je comprends bien que, longtemps très longtemps, ça a été plus pratique pour moi de te demander impérieusement de te transformer, de te convertir

je pense que si on fait bref, le patriarcat c’est ça

convertis-toi à ce que j’aime, à ce que je crois

la violence de pensée, d’opposée pensée, d’oser penser, la libération violente est à hauteur de cette violence-là

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je ne cherche pas à vous mettre d’accord, je ne cherche pas à me mettre d’accord avec ce que je suppose être moi, mes croyances, mes façons d’aimer, j’aimerais juste danser mieux, être un peu mieux dans nos abrazos, dans nos façons de nous déplacer et de déplacer la terre sur laquelle nous dansons

car nous ne cessons de la déplacer, je veux dire de la convertir, la terre

la conversion est vraiment partout

et pas que chez les chrétiens

et pas que chez les en science

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Noël

qu’est-ce qu’on s’offre ?

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à distance

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j’ai tellement rien à te donner

j’ai tellement tout mon être à te donner

j’ai tant de connerie à te donner

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là, ce qu’on est en train de s’échanger, avec précaution, c’est une furieuse autre manière de croire et d’aimer, il me semble bien qu’on est en train de faire ça

je ne compte pas sur toi pour valider mes conneries et tu ne comptes pas sur moi pour épouser les tiennes

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il y a juste ce moment important où rien qu’à nous regarder, tous, là, comme ça

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le gain toujours incroyable qu’on a à lâcher nos croyances, nos façons d’aimer

le gain !

jusqu’à lâcher le fait de croire et d’aimer

croire et aimer ne pas croire et ne pas aimer

après ne plus avoir cru et ne plus avoir aimé

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la danse entre enthousiasme et critique est chouette

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aujourd’hui, c’est vendredi 25 décembre, demain c’est 26 je crois, samedi