La vie n’est pas une biographie

dimanche 10 mars 2019

il est fou

entre ses phrases des béances, des romans, des essais

à l’envers de la physique il fait des cercles de plus en plus larges plus vite, il fait le tour, le grand tour plus vite que ceux tout proches qu’il faisait, que nous faisons

l’ignorant court plus vite que le savant

je ne comprends rien à ce qu’il dit, je prends.

C’est un poète qui ne prend pas la poésie pour déguisement

Héraclite ?

Les oiseaux sont fous dans le grand vent.

Le bois va sécher et il y a un cimetière de camélias au pied du camélia.

L’écrivain n’est-il pas trop sexué mâle ?

Encapsulé dans son sexe ? malgré les effets de drapé universel – beaucoup d’effets de manche, encore, dans la passion abstraite, allusive, figurale du texte.

Ne rêve pas que sur le tard ait lieu une réconciliation avec la mère, avec tout ce qu’il a touché de la mère – le déguisement de mère est-il si collé aux femmes qu’on ne veut pas connaître ?

L’extraordinaire mâle littéraire au bord de sa mutation – saison du brâme

La vie n’est pas une biographie.

Pascal Quignard.

Galilée.

2019.

Pas tant une vis qui tournerait dans le vide, un coin qui serait coincé dans les hanches, qu’une des dernières tentatives peut-être de voiler le dévoilement, dernière manifestation du solaire solitaire dans la nuit approfondie, vraiment approfondie

Quand bien même je n’en aurais pas étudié l’auteur c’est une œuvre déjà écrite que je poursuis, laquelle œuvre est passée d’auteur en auteur

Musique percussive de la tempête, avec clusters tenus : rafales longues.

Fin du cycle des oppositions, des pouvoirs absolus, des assassinats princiers

Fin du langage érigé de l’Absence

Le langage collabore, la danse collabore

La tempête autrui collabore, travail ensemble

(comme en sous-titres pour malentendants : vent et tambourins, bruits de volets qui claquent, chocs étranges)

Y a-t-il un lien entre l’énergie de la tempête et l’énergie des femmes

Nature est un mot d’ignorant, c’est autrui qu’il faut dire

Il ne s’agit jamais de s’autoriser à dire n’importe quoi mais dire n’importe quoi porté par la tempête de ce qui ne peut pas se dire autrement.

Se jeter en amont dit-il, résister au vent, au courant, puis être mort sans personne pour ramasser le corps

Valse des points et des non-points, imprévu de la ponctuation : à défaut d’une clarté, d’un geste incontestable, d’un sens aussi emportant, et dangereux, qu’une tempête, laisser tel quel, normes anormes.

(J’ai à présent un amour extraordinairement distant avec ma mère intime, la mort n’y fait plus rien et la peur vivante non plus, vous savez, ce qui de votre mère terrifie, ce qui de votre corps terrifie, ce qui de l’Un vous terrifie d’avoir toujours été Un.e. L’Une vous a toujours terrifié. Le père n’a jamais été qu’une forme de peur.

Et si par le hasard de l’Histoire vous lâchez les peurs dominantes, que se passe-t-il ?

Que se passe-t-il après l’avis de tempête, et après la tempête elle-même ?)