L’écriture à côté

dimanche 27 janvier 2019

C’est encore différent, l’atelier d’écriture que tu animes et l’écriture à côté avec quelqu’une à côté prenant son thé, mangeant et lisant Médiapart à l’écran, et à tout moment répondre de cette vie que nous menons, activons, à deux, à plusieurs, à tous, autant qu’on est sur cette planète.

C’est différent, à tout moment je peux répondre aux questions qu’on me poserait, écouter, faire même, si on me le demande, quelque chose, changer de sujet, par exemple, elle rit de ce qu’elle lit, alors je vais lui demander Qu’est-ce qui te fait rire ?

Oh bah, c’est un article autour de Trump, et de la présidente de la chambre démocrate, il est complètement désemparé devant elle. Toute sa vie, dès que ses femmes prenaient de l’âge, il en prenait d’autres, et là elle l’a désarmé et il n’a pas réussi à s’en sortir. Elle cite : Baudelaire : aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste. La présidente démocrate a dit à la presse, j’ai cinq enfants et neuf petits enfants, je sais faire face aux crises de colère, et tous les Etats-Unis se moquent de Trump, au point qu’il fait profil bas, et a perdu de sa superbe auprès de son électorat machiste. Il perdait ses mots en face d’elle…, enfin bon voilà.

La table est aimablement dans le désordre du petit déj, le vent souffle, la maison en construction dans notre jardin semble de plus en plus massive.

Il ne s’agit jamais de faire fi de la contrainte pour être, se sentir libre, mais face à elle ne pas s’altérer, croire que notre solitude créative, c’est-à-dire notre liberté se gagne en mettant entre parenthèses la réalité continue du discontinu dans lequel nous vivons, mais pas non plus croire que notre salut viendrait de cette scène où le monde te met au monde.

Cette nuit j’ai été un peu romancier, avec des rêves de justice, d’un an de prison ferme, et d’affaire compliquée.

Tu as fini ta tartine et ta deuxième tasse ?

Elle a fini. Passons au café.