Nuit populaire

vendredi 30 novembre 2018

Fond, tunnel, la terre est négative ? Mater est négative ?

Le fond, le plomb, la lourdeur, l’abandon, la tristesse, la terre, la terre est négative, l’intestin est négatif ?

Le fond, la haine, le négatif, la terre est bouc-émissaire ? la vie terrienne est bouc émissaire ?

Le fond, le tunnel, l’obscurité, la nuit, la nuit, l’hiver-nuit, la fatigue, la maladie, la mort, la mort, la nuit

Certains s’essaient à faire des poèmes quand d’autres s’essaient à vivre, à ne pas nuire, à ne pas nuiter la nuit ni enterrer la terre

Le fond, la nuit, l’abime

Rester à la surface de l’actualité, l’actualité hyper locale (la vie sociale, professionnelle), à la surface de la vie nationale et internationale, des réseaux, rester dans l’apparente connaissance quotidienne que nous avons du monde et de son déclin

Cette actualité-là est nocturne, lourdeur, faute incessante

Cette surface est plus lourde que cette profondeur, ce tunnel dans lequel je fais mes reptations d’une lumière à l’autre dans la nuit noire de la maladie et de la mort et de la tristesse

Je remarque qu’il aura toujours fallu aller à la nuit la plus obscure

Je ne comprends pas que les fauteurs du jour jouissent à la surface du globe et des représentations, je ne comprends pas que la nuit populaire jouisse des Salvini et autres Trump, je ne comprends pas que ces hommes et ces femmes, La Penne, la triste peine, au pluriel, je ne comprends pas que la nuit populaire se répande autour et par eux, par elles, je ne comprends pas

Je ne comprends pas ma tristesse, ma peine, ma douleur, je ne la comprends pas, je ne comprends pas ma méchanceté, mon crime, je ne comprends pas, je ne comprends pas la nuit obscure, la mort annoncée dans le moindre geste, je ne comprends pas, pleurer est une façon d’exprimer ça, que je ne comprends rien à ce qui m’arrive et à ce qui arrive à la nuit populaire

Je ne comprends pas que je sois encore Trump, que je sois encore Salvini, que je sois encore pour toute vie cette plaie avide de mourir et d’entraîner au maximum à la mort

Je ne comprends pas que j’aie besoin de migrants à regarder mourir pour me complaire en pseudo vie, je ne comprends pas

Je ne comprends pas que j’aie besoin

De quoi ?

C’est quoi le bouc émissaire ?

C’est tellement bien quand ma faiblesse, ma difficulté, ma maladie est mise sur le compte d’autrui, c’est tellement bien, c’est tellement reposant, et hier j’entendais un homme si beau mais si fatiguant, si beau, si fatiguant, à défendre l’indéfendable : tout, dans le moindre détail, est de ma famille, et ce n’était pas un poète déclaré, c’était un avocat déclaré, les poètes sont obligés de se déguiser en avocats à présent, vous vous rendez compte ?

Le fond, la nuit, l’abîme tournent et tournent, c’est aujourd’hui

Toi, tu t’es levée

La différence s’est élevée, c’est dans une belle robe de chambre, c’est dans une maison-travaux éternelle, c’est éternel, c’est long parfois la maladie, la mort est longue parfois, mais à l’autre bout tu te lèves et les astres vont à l’événement, l’éternelle répétition va à l’événement

L’eau, dans le petit rectangle ivoire au bout de la terrasse-travaux, l’eau tremble, vent et lumière la caressent, et tout à l’heure le chat y viendra, moins longtemps que je ne lappe mon thé

La beauté épuise et l’épuisement est beau, puis arrive quelqu’un, quelque chose, neuf et indifférent à ma peine

Et un jour a paru

Quelle chanson !