Effort et lâcher-prise

jeudi 1er novembre 2018

quoi ?

dans la nuit encore, juste avant l’autre face, juste avant le champ optique masqué par le soleil, le fond, le lointain réduit par le localisme solaire

quoi ?

 

y a-t-il beaucoup d’idées inutiles, beaucoup de sentiments inutiles, beaucoup de gestes inutiles, beaucoup de projets inutiles ?

inutile ?

si je reprends l’herber haute, dans la nuit, ni elle, ni la femme que j’aime et qui dort là-bas au bout et en haut ne sont ni utiles, ni inutiles

dès que le langage s’interpose, en fait, beaucoup de choses deviennent inutiles, encombrantes même.

est-ce que ce sont des séances de méditation,, où parler est flotter – avec toute l’attention passive possible ?

parfois le beaucoup, le profus affole parfois il enchante

 

 

on n’a pas besoin de convertir les autres à ce qu’on aime, et il est plus profitable de s’intéresser à ce que quelqu’un aime, hors champ de ce que j’aime, aimer reste l’actrice principale, la relation actrice

est-ce que je peux mieux travailler maintenant ? accueillir ces phrases, cette posture entre nuit et jour, cette veille, archaïque et futuriste, comme chaque geste, mouvement, décision, rationalisation diurne pour ces séquences de vie où le soleil social nous masque la profusion vivante et non vivante, le mouvement profus où et d’où mon calme s’oriente

– s’orienter à la bougie, à l’étoile, s’orienter depuis un repère, une source

 

je vieillis et vieillissant m’affole et m’émeus plus vite, d’autres s’enfoncent dans l’indifférence et des flegmes d’abrutis

je me sens aussi trop souvent indifférent et trop souvent abruti

 

pourquoi l’esprit critique n’a plus rien d’un idéal maintenant ? toute posture critique vire à un moment ou à un autre à l’imposture

 

penses-tu que ton monologue devant l’herbe haute comme devant celle que tu aimes a l’oreille de l’herbe et l’oreille de celle que tu aimes ?

la profusion reste active, le poème réel reste actif

 

j’ai plein de questions rétrospectives, attention, danger

 

j’ai plutôt plein de questions aux êtres qui désormais me voient derrière eux, depuis leur enfance, depuis leur jeunesse, c’est qu’ils vieillissent, et je dois vieillir avant eux

 

nous sommes devant un cas d’existence, accueillir de la famille proche mais loin et comment aller au loin, silencieux, avec eux ?

c’est le travail de la journée, comme le travail de la journée c’est « Pas à pas » et c’est… un titre à ce projet architecture/conte ?

faire effort en toute occasion comme lâcher prise en toute occasion, comme marcher, depuis le centre de gravité, depuis la séparation des eaux, des forces vers le bas et des forces vers le haut, et l’horizontale pareillement étendue deux à deux, effort et lâcher prise sont une même ligne de deux forces – le mot contraire est trop trompeur, comme la dialectique qui veut méditer plus loin, en voulant naître du mot contraire, complémentaire n’est pas approprié, l’un n’est pas le complément de l’autre

effort et lâcher-prise nomment le sans mot, le sans langage qui agit au milieu, comme les muscles autour du nombril, et voudrait-on fixer l’effort en haut, thorax et crâne et lâcher-prise en bas jusqu’aux doigts de pieds qu’on serait tout de suite dépassé par les renversements instantanés

effort, admirable conscience vivante, lâcher-prise, admirable humilité devant ce qui agit de toute façon.