Avant avant-hier, c’était ça

mardi 16 octobre 2018

 

Pas, refus ou déficience, homéopathique ou envahissante, la négation on se la porte à chaque pas.

L’oubli et le revenir aussi.

Le non apparait ou disparait mais toujours toujours disponible. Oui à non, non à oui ou plutôt non à oui, oui à non, non à non, oui à oui, logique, ontologie de la logique ? quand la logique touche, quand la logique est affect.

Nous faisons du tango le moment particulier d’une danse à deux, d’une danse du deux, où l’idée même de la liberté est une idée deux, l’idée comme quoi deux est libre.

Entrer plus en corps dans le oui et plus en corps dans le non. Le tableau de Hegel est une petite ou une grosse catastrophe, nos oppositions essentielles et nos résolutions essentielles sont pures catastrophes.

L’opposition homme femme et la résolution homme femme est pure catastrophe. C’est pas mal pour démarrer notre atelier dont le nom de chantier est « l’amour ». Le titre de l’atelier sera

« L’AMOUR

Chantier 2018-2019 ».

 

Si une idée arrive, l’exprimer, conseiller  de l’exprimer, et plutôt deux fois qu’une si c’est une conviction. Puis obligatoirement la déviavoicer.

Bon. Du calme. Tout se passe ce matin comme si une multitude d’amorces, de pétards-amorces se lançaient autour de nous, en anarchie.

C’est un effet courant qui cependant ne bouscule en rien la véritable explosion en cours. L’anarchie des amorces atteste de l’infinité de la réexplosion, tout le territoire est constitué d’une infinité d’amorces, l’explosion initiale se nourrit de ces amorces, puisque la singularité de notre explosion c’est que nous pouvons voyager dedans, nous pouvons « l’analyser », nous savons qu’elle est unique, qu’elle est unité en même temps que dispersion.

Curieux comme le christianisme a repoussé tous les dualismes sauf celui du diable. Peut-être a-t-il pu repousser le dualisme grâce à ce dualisme moteur ? je ne saurai pas rentrer dans cette question, le christianisme s’est calé dans un grand dualisme et on pourrait engager une œuvre de chrétien en « dénonçant » le reste de dualisme resté collé au christianisme, à l’église catholique : en chrétien dénoncer l’hérésie chrétienne. Ce chrétien aura besoin d’un immense courage. Arrêtons la plaisanterie. Notre reconsidération intégrale de oui et non, d’homme et femme n’a rien d’une justification du mal, de la souffrance, de la méchanceté, de tout ce qui compose l’ordinaire du comportement humain, nous pouvons bien épouser tous ceux , toutes celles, comme Pascal Quignard qui voit dans tous les regroupements humains, dans toute société l’essence du mal, de la malfaisance, on sent bien qu’on sera toujours mû, malgré toutes nos dénégations, par un sentiment du Bien d’autant accru qu’il positionnera son échelle du mal et de la souffrance multipliée. On ne prétend pas dissoudre cette inclination fondamentale, juste on se décale, on se met à côté, on voit autre chose aussi, et cette autre chose aussi c’est une enquête pratique, faite d’exercices à l’infini sur oui et non, sur homme et femme. L’opposition n’est qu’une interprétation schématique de la différence.

 

L’invention. Ça ne s’arrête pas. Tout est là : être/vivre, c’est inventer. Vivre-mourir c’est inventer, être/néant c’est inventer.

Le mot d’invention à la source, invention plutôt que création. Création c’est tout de suite grandiloquent, invention, inventer, ça s’applique à toutes les échelles, c’est ça qui est bien.

Entre oui et non, entre homme et femme s’invente tout autre chose que dualisme, opposition, grandiloquence des différences, des dogmes, des assignations ou bien à l’unité première des races ou bien à l’unité première de la différence. Oui et non, ça s’invente, homme et femme ça s’invente. Ah. Non, non, aucun existentialisme latent : du genre on choisit ce qu’on est, on ne nait pas femme on le devient, etc. Ce sont des approximations incarcérées dans l’omnibulation… dans l’obnubilation de la pensée du sujet, libre dans sa prison de sujet.

Tu peux lâcher ton poste un instant, aller papoter, apprendre que ça vit à fond à côté de toi, avec des projets, des idées, des événements fastes, en profiter aujourd’hui, demain ce sera peut-être coups de blues rencontrés à l’intérieur et à l’extérieur, tu peux lâcher ton poste donc et y revenir, on en était au verbe inventer et à notre unique morale qui est devoir d’invention – devoir ? devoir puisqu’il s’agit de morale – illusion ou pas, la volonté vient dire oui à l’invention au jour le jour, avec hommage aux grands inventeurs mais aussi aux invisibles. Et surtout aux invisibles. Surtout ? ne crois-tu pas que tu exerces ainsi ton narcissisme ? (parce que invisible, TU L’ES). Pareil que pour le reste : le narcissisme, tu prends ça, tu le prends parce que tu peux pas faire autrement, le sujet ne peut pas faire autrement que cultiver son narcissisme, mais franchement, c’est à côté que ça se passe, c’est dans la danse que ça se passe, la vie s’invente partout. Tu meurs ? parfait : tu vas assister à la revie.

Y a-t-il un lien entre vie et matière, là où nous sommes, le mot de hasard peut très bien être utilisé, mais ça ne nous apporte pas grand-chose, là où nous sommes, la question reste : quel lien y a-t-il dès le début ?

Ce n’est de toute façon pas matière puis vie, conditions matérielles réunies pour qu’il y ait vie… peut-être que tout ça commence par le milieu : vie, c’est-à-dire condition vivante et remontée jusqu’au big bang et de la matière et de la vie, je dis n’importe quoi et je ne m’en excuse pas, l’objectif n’est pas de donner, de fournir, de concocter des réponses, mais juste déstabiliser les oppositions, les couples d’opposition, car c’est là que ça danse, c’est là que ça invente.

 

Ce soir atelier. Envoi d’un message à tous les participants.

La proposition ? encore à voir. Mais ça pourrait tourner autour de :

Choisir un truc qu’on aime, une chose, qu’on aime particulièrement, et imaginer tomber amoureux, amoureuse de cette chose. Vraiment.

Choisir une chose dont on a particulièrement besoin, et, pareil, tomber amoureux de cette chose.

En échauffement ? se souvenir du texte « chantier » de la dernière fois et pour les nouvelles recrues potentielles, se souvenir d’un texte déjà écrit. Et le réécrire de mémoire, ou bien écrire ce que vous auriez voulu plutôt écrire, ou écrire ce que vous n’avez pas pu écrire ou désécrire ce que vous avez écrit.

 

Deuxième temps de la déclaration d’amour :  c’est la chose elle-même qui vous fait sa déclaration d’amour.

Hier ? c’était lecture d’Hölderlin, la mort d’Empédocle, grâce à U., psychanalyste.

 

 

Chers ami.e.s,

Nous nous retrouvons donc ce soir, au 76, route de Maromme, à 19h30. Nous accueillerons possiblement trois nouvelles personnes : K., qui avait déjà participé à l’atelier à ses débuts, J., et R., une amie de M. G. est engagé dans un projet de chant et ne pourra pas participer à l’atelier cette année. On lui souhaite tout le plaisir à travailler sa voix !

Comme toujours, je suis impatient de vous retrouver, belle journée à vous,

Philippe.