Réveil tango, encore

lundi 8 octobre 2018

Fuir, revenir, fuir davantage, revenir davantage.

Ne pas fuir, ne pas revenir. Aller, aller en avant, aller en arrière.

La communauté, la société est aussi un monde qu’on n’a nullement besoin de fuir ni de retrouver. Nul besoin de fuir la société, nul besoin de revenir en société.

Danser avec la loi, avec l’usage, quand on veut.

Et lorsqu’elle vous agrippe, comme quelqu’un qui veut absolument danser avec vous et que vous n’en avez pas spécialement envie et qu’en même temps vous vous trouvez peu enclin à payer le prix d’un refus ? vous dansez – avec détachement. Jamais à contre-cœur si possible, mais avec détachement. Bon exercice pour la suite, pour les vraies passions, à jouer, à danser, elles aussi, avec un certain détachement.

On demande si un individu est constitué comme individu. Demande-t-on si une relation est constituée comme relation ?

La souveraineté dont on parle, issue du vocabulaire de Georges Bataille, est une souveraineté relationnelle : c’est une souveraineté échangée, chaloupée.  L’autisme est la souffrance qui nous apprend le plus sur notre difficulté à constituer le dynamisme relationnel souverain. La domination est une forme autistique. Voyez l’autiste qui se mettrait à vous gouverner selon son impératif. Vous seriez horrifié.e. Pourtant vous acceptez en bien des circonstances d’être (mal-)mené.e par des dominateurs de toutes sortes (je garde le masculin pour dominateur, car la culture de la domination est masculine, et la plupart des dominations féminines sont des contre-dominations – la domination masculine en est le modèle. Et la culture du renversement, la culture sorcière est une contre-culture, et en tant que contre-culture, une réactivité et non une souveraineté). – Réagir souverainement, tout est là, et c’est là notre révolution. Encore une pensée tango, laquelle a un net besoin de révolutionner la connerie tango qui se serait calée dans le sédiment de la domination.