DUCHAMP DANS SA VILLE / DUCHAMP DANSA, VIL – L’atelier « DÉ-PRENDRE DUCHAMP »

Dans le cadre de « DUCHAMP DANS SA VILLE », projet de l’Université de Rouen et de la Fondation Flaubert, l’atelier d’écriture nomade  » L’idée c’est dé-prendre Duchamp » s’est déroulé de janvier à juillet 2018 à Rouen.

L’atelier s’est inspiré d’une réflexion de Bernard Marcadé  :

« Marcel Duchamp est un artiste de la déprise. Il a passé sa vie à se déprendre, du tableau, de la peinture, de l’esthétique, des femmes, de l’argent, du travail comme de la propriété… Ruiner Uriner… Ne pas posséder, laisser faire, laisser dire, c’est ne pas se mettre en prise, ne pas alimenter la machine esthétique et sociale. Le « transformateur des petites énergies gaspillées » imaginé par Duchamp dans ses Notes, constitue bien une manière de recycler ses propres incontinences. »

Bernard Marcadé, in L’urgence de l’art, entretiens avec Jérôme Alexandre, Postface d’Alain Cugno, éditions Parole et Silence, 2015.

Il s’agissait alors de saisir l’occasion d’un retour du fantôme Duchamp dans sa ville pour expérimenter à nouveau l’art comme heureuse puissance de désenvoûtement, de « décroyance » (décroissance de nos illusions coûteuses).

L’idée de départ était :

Un urinoir/ruinoir de discours, jeu ouvert à toutes et tous.

Le « déviavoice » (logiciel mental délibérément défaillant de dictée vocale), forme e-technologique héritière de l’holorime, de l’homologie approximative et des méthodes dérivantes de Raymond Roussel, sera proposé pour « déviavoicer » des discours d’inauguration des expositions du moment, des discours officiels, politiques, médiatiques du moment. La restitution visuelle se ferait par projection sur un urinoir, le texte modèle au-dessus, le texte déviavoicé sur l’urinoir même.

La réalité fut simple et radicale :

L’atelier s’est finalement resserré sur le programme de « Duchamp dans sa ville » plus que sur ses manifestations. Une équipe de déviavoiceurs et déviavoiceuses a entrepris de faire dériver le programme dans son entier. Un participant-artiste caviarde, avec la complicité de l’équipe de Duchamp dans sa ville, la maquette du programme.

Le « déprogramme » a été édité en 100 exemplaires. il est disponible en fichier PDF : DEPROGRAMME DUCHAMP DANSA, VIL

et se propose d’être lu, joué en relation constante avec son « original » : PROGRAMME DUCHAMP DANS SA VILLE

Le principe d’écriture, comme de lecture, est d’arrimer constamment le texte déviavoicé au texte d’origine. Il faut donc avoir les deux livrets en main (ou sur écran) : le programme et le déprogramme. Le geste poétique est entre les deux.

Il ne s’agit pas d’un simple mime dada ou d’un jeu oulipien post-duchampien destiné à montrer des exploits en calembours, mais d’un jeu, des plus sincères, de destruction et recomposition partielle du sens, où chacun, écrivant et lecteur, est invité à enquêter sur sa capacité consciente et inconsciente à jouer de l’instrument-langue et à s’en laisser jouer, jusqu’à un certain épuisement – en effet, ça vide, ça lessive. Notre relation aux discours d’origine (de croyance) s’en trouve mieux qu’amusée : libérée, en quelque sorte. Et disponible pour de nouvelles intelligences.

Une performance-lecture s’est déroulée mardi 19 juin au Musée des Beaux-Arts de Rouen, à l’entrée et à la sortie de l’exposition « ABCDUCHAMP, l’expo pour comprendre Marcel Duchamp ». Une trace filmée est disponible iCi.

Participants

Gilles Åsmund

Mieszko Bavenkoffe

Isabelle Gard

Eric Lebourg

Pascale Marchalduchamp

Hélène Vé

Cat Web

Et la participation ponctuelle de Cléo

Atelier animé par Philippe Ripoll

Maquette patiemment caviardée par Mieszko Bavenkoffe

Film réalisé par Pascale Marchalduchamp et Mieszko Bavenkoffe

 

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