Dissension, dissociation, ciel et terre

vendredi 25 mai 2018

il n’y a pas beaucoup de temps pour dénouer le petit ? gros ? nœud d’hier et ayant noué cette nuit

pas de temps du tout

une respiration vaudra pour dénouement

un regard franc à l’intérieur

 

ne rien laisser au n’importe quoi (tout le monde sait faire, ça ; moi le premier)

ne rien gouverner par décret, mesures unilatérales, conduite dans l’agressivité de toute volonté.

Ce matin orteils, surface plus ample de l’orteil au métatarse, trajet entre orteil et talon.

Lignes, ondes de la hanche à l’orteil, puis appui du dos (ceinture scapulaire), en appui sur l’axe, le même, l’adorable verticale.

Peut-être que la tête vient d’ailleurs, de là-haut, ainsi que le torse, oui, Kleist encore, la marionnette encore, le fil encore, le mouvement s’active du ciel, bien sûr, et ciel passe aussi au centre de la terre, mais penser ciel, ciel.

L’image Maïakovski, le cou girafe de Maïakovski est adouci, pétri dans une autre pâte que la tension morbide qui l’habite encore.

 

La gravité, au sens poétique et chorégraphique, informée même maladroitement par la poésie physique (appelons science poésie pour changer toute la représentation).

 

L’espace créé dans le corps, par éloignement, extension musculaire entre bas et haut, jusqu’au point, jusqu’à la sensation qu’en effet, tête et torse sont suspendus et activés par un désir cosmogonique, céleste.

Notre existence polaire s’épanouit.

La dissension devient dissociation – dissociation au sens tango et non au sens théorique, logique, politique (la dissociation ne commence pas lorsque tu tournes ou le torse ou les hanches sur leur axe commun, elle commence, elle s’active d’elle-même entre bas et haut).

Cette séance, commencée par les orteils, raconte mon épreuve d’hier et, à sa façon, la résout.

Il faut travailler avec de vrais ingrédients, de vraies possibilités disponibles, et non avec le fantasme des autres, l’institution fantasmatique des autres, ce qui fait ce qu’on appelle communément société.

Je suis prêt à assumer poétiquement, humainement, cet écart, cette dissociation d’avec l’appareil sociétal qui m’emploie, me rejette, m’intègre et me désintègre.