in extremis, 2018 : tango, convergence des urgences

lundi 22 janvier 2018

vœux d’ici et d’ailleurs

in extremis, 2018 : tango, convergence des urgences

rester calme, travailler-respirer, cerveau-cœur

on ne va pas là où ça tourne court

on n’enfourche pas une formule dont la chaîne a sauté, et qui tourne à vide

lorsque rien se présente comme un os à ronger, on se croit le devoir de ronger son rien

vous avez comme ça des hommes très bavards qui devant nous rongent leur rien, on ne leur en veut pas, il y a toujours une saveur à dénicher

mais nous sommes autour d’un os de rien

et la guerre n’est pas loin

devant rien nous rivalisons d’imposture

 

en quoi ai-je besoin de penser « convergence » ?

 

c’est un art, c’est un soin, c’est une fête, c’est difficile, c’est partagé et c’est infiniment solitaire

mais la solitude n’est pas première, c’est la relation qui est première

 

la solitude est un monologue de transition

 

nous n’avons pas à nous imposer nos eurékas

les violences de conversion, elles sont internes, elles s’éprouvent, pas davantage :

te convertir c’est nécessairement te tuer

– Ma solitude – qu’elle soit divine ou vulgairement humaine – est devenue une arme à feu

 

Selon ta langue, ta science, ton art, comme selon le vent, je parle, j’oriente ma bouche

Puis nous décidons d’aller « à la source » : à la relation – au tango

Il y a des conservatismes dans les mondes du tango, il y a des absurdités extraverties

Il y a de la domination têtue

L’ordre-désordre d’un temps révolu

(nous sommes dans de vraies tristesses, de vraies détresses : ne nous demandons pas de tricher, ne nous demandons pas de croire dans notre semblant.

Notre semblant a sa nécessité

Mais la vérité de notre semblant, c’est précisément DE NE PAS Y CROIRE, un instant.

Un bon paquet de nos constructions sociales sont de cet ordre du semblant : nécessaires à condition de ne pas y croire un instant.

Tous nos vêtements sont tricotés de croyance et de décroyance, même le vêtement scientifique

 

Une formule, à partager ?

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A force de manier, par sagesse ou cynisme cru l’aiguille de la décroyance, toute seule, nous nous entretuons par dépit

A force de manier l’aiguille de croyance, toute seule, nous nous entretuons par folie

Convergence des urgences : pas des valeurs, pas des « représentations », pas des motifs, pas autour d’une pensée, d’un totem

Juste entre-vivre, entrapercevoir la vie nue – au-delà du dépit, hors folie.

Nous cherchions une formule commune, pour 2018

selon le vent, je tourne ma bouche

et selon le cœur, nous tournons nos corps et notre pensée vers leur lieu de travail, d’exercice

et, ici, l’exercice, c’est le tango qui nous en offre le courage