Le cerveau d’Emily Dickinson

lundi 27 novembre 2017

rien, que ce poème

le temps d’une remémoration qui boite

le temps à passer, le temps passé à traduire, le temps passé à remonter le cours de la traduction, le temps passé à mesurer l’infini

cerveau ciel cerveau mer

la méditation est du 21ème siècle

cerveau-dieu

ce n’est pas l’adéquation cerveau ciel, cerveau mer, c’est l’adéquation cerveau-dieu

le poids de dieu, dieu dans son déploiement gravitationnel

pesez-les

– once pour once

pour Pound for Pound

comme de surcroît pour beside

le cerveau est plus spacieux que le ciel

car – mettez-les côte à côte –

l’un contiendra l’autre sans peine –

et Vous – de surcroît –

 

le cerveau pour la pensée, pour l’amour incarné de la pensée. Le lieu source, le moteur, the brain,

je suis amoureux de cette femme qui a tracé ce poème

qui a suivi les linéaments de son cerveau, de sa pensée

side by side et beside

 

un poème, puis un autre,

comme on remonte la déclivité aphasique

l’agitation aphasique des contemporains

– ai-je besoin de me débarrasser du mot, de la phase-phrase aphasique, de m’en décharger, afin que d’autres, les autres, en soient porteurs – Peut-être

je n’existe pas, j’insiste

c’est dedans qu’a lieu une vie, son expression-impression

et

curieusement

Une philosophie : un partage se propose

le poème de Dickinson est distribué à l’intérieur d’un cycle de chants sur la mort,

– Bossuet ayant renoncé à toute pompe, tout surplomb

autre que poème, langue ciel, langue mer, langue dieu

grâce à elle je reviens au petit-déjeuner,

au lancement de la journée

à l’idée, au consentement d’en faire partie

pas plus

et plutôt moins, dans le peuple des moins

 

très proches le texte et sa traduction

à part les rimes, et encore, la langue française flirtant de près

avec la délicatesse de la rime anglaise

pure et impure

à part tel mot, de surcroît pour beside

et le singulier pour le nombre d’éponges et de seaux

 

 

sous la vie négligée, il y a au moins un poème

la possibilité de toute hauteur espace, profondeur, densité, ciel, mer, dieu

à quelle heure, à quelles heures écrivait-elle, Emilie Dickinson ?

le reflet s’efface, la vitre, la vitre atmosphère protégant du rayonnement cosmique déstructurant, mortel, laisse advenir le jardin

une manière singulière de se sustenter de l’univers.

Silence, vent, jour.

 

La langue anglaise répète : the one the other

– L’un l’autre contiendra

L’un l’autre absorbera.

Toute proche d’une forme pronominale, d’une relation causale égale réciproque,

comme en tango.