MASCULIN NE RIME PAS AVEC DOMINATION

Un homme n’est pas seulement homme, pas seulement masculin, mais masculin il l’est aussi. Or masculin, qu’est-ce que c’est ?

MASCULIN NE RIME PAS AVEC DOMINATION

Puis-je être honnête, à hauteur de désir, à hauteur de réel, à hauteur des grandes compositions esprit monde terre univers ?

Honnête : est-ce que j’adopte un mot dont l’histoire, aujourd’hui, l’histoire des significations, ne correspondrait pas au niveau où mon expérience l’a placé. Honnête. Honnêteté intellectuelle, sincérité, plus que sincérité, car il s’agit d’être honnête aussi avec sa sincérité. Plus que juste, car il s’agit d’être honnête devant l’infernale casuistique de la justice.

Pourquoi rechercher avant toute chose, chaque matin, et en chaque occasion (toujours ratée)… à être honnête.

il y a fragilité du côté d’elle. Il y a nouvelle combativité du côté d’elles (balancetonporc, metoo).

Il y a fragilité aussi du côté de lui, mais où, les nouvelles combativités du côté d’eux ?

MASCULIN NE RIME PAS AVEC DOMINATION.

On domine, cherche domination quand c’est trop compliqué de créer avec l’autre, on prend l’ascendant, on use et abuse de la jouissance passagère qu’on se prend sur l’autre, que notre solution de fortune qu’est la domination a transformé en objet – nous nous servons des femmes pour jouir, nous nous servons des hommes pour nous engraisser.

Masculin ne rime pas avec domination.

Masculin c’est plus compliqué que ça, c’est plus intéressant que ça.

Mais c’est vrai, hors domination, ce n’est pas simple d’être au masculin.

Parlons-en.

Y a-t-il quelque endroit pour raconter comment, dans nos détails d’existence, comment ce n’est pas simple ? le divan de psychanalyse ? c’était naguère, et le masculin s’y est réinvesti dans l’inconscient… au masculin – au père et au pair. La création artistique ?  beaucoup, beaucoup certes,  mais l’ordre de la domination du jugement rabat l’art sur la domination et sur sa mauvaise rime.

Cherchons lieu pour en parler.

Les religions (toutes) ? si les croyants étaient vraiment honnêtes, nous assisterions à une mise au féminin de tous les appareils de langage religieux : la dieu – La Paire ; La filiée ; la sainte esprite, pour s’en tenir au christianisme. Mais en attendant ?

Cherchons lieu pour en parler.

Le tango ? oui, le tango, mais le tango comme tous ses frères au masculin, création, religion, politique, s’est rangé à la domination et à sa mauvaise rime au masculin.

Ce n’est pas simple d’être au masculin, ce n’est pas simple de dégager des places pour dire, raconter dans le détail de nos existences comment ce n’est pas simple.

Cherchons lieu pour en parler.

Dans le lit, dans la cuisine, dans les tablées d’ami.e.s, dans les assemblées, dans les comités de lecture, sur les stades, au spectacle, dans les expos, dans les milongas, sur Facebook ou Twitter ou autre, dans les assemblées nationales, dans les partis, les groupuscules, sur les places ouvertes de la République… cherchons lieu pour que des hommes parlent de leur masculin. Il y a peut-être, il y a à coup sûr des endroits, même menus, pour être honnête vraiment, parler honnêtement de nos difficultés à être au masculin hors domination (c’est un homme qui parle).

Confessions ? aveux ? ou simplement ce qu’autrefois on appelait assez masculinement « prise de conscience » et qu’on pourrait juste nommer du nom de dévoilements, ou d’eurékas passagers, ou révélations ponctuelles, ou…

Comment nos masculins cèdent, par faiblesse, à la violence, menue puis manu (la main au cul) ? Qu’est-ce que la violence ? testostérone égal violence ? Pénétrer est forcément violent ?

Masculin ne rime pas avec domination.

Confession à la Rousseau : j’ai une fois volé un baiser. C’était une relation d’amitié, le corps raidi et fuyant de l’autre m’a tout de suite arrêté. Mais à tous les coins de rue, de vie, des exemples, des cas pas simples, tant la violence s’est insinuée.

Il faut être malin avec la domination, il faut la cantonner au jeu, compétition sportive et e-sportive, et jeu sexuel, le jeu librement joué permet de laisser s’exprimer les tours et détours de la domination, de ses deux faces constitutives, dominante et dominée.

Nous ne cessons de nous faire violence, est-ce une raison pour en rajouter, et pour lui mettre des rails unidirectionnels ?

S’agit-il de se répartir équitablement le droit de dominer ? C’est un jeu possible, ce n’est pas le mien.

Ni masculin ni féminin ne rime avec domination, féminin ne rime pas avec dominée.

Régulons cette mauvaise rime dans des jeux spirituels, sportifs ou sexuels.

Danser ? (celui qui parle s’initie au tango.)

Masculin ne rime pas avec guider, féminin ne rime pas avec être guidée.

La religion honnête, la plus honnête possible a toujours, elle aussi, recherché l’assentiment, la soumission volontaire.

Lorsque guider et être guidé en jeu simultané atteint des zones d’indétermination, sans pour autant surjouer des changements de rôles volontaristes, lorsque l’objectif n’est plus ni de guider (bien guider) ni d’être guidée (bien s’abandonner au guidage), quand l’objectif est l’aventure d’une conversation hors domination, alors, nous avons tant de choses à nous dire, à inventer, ensemble, puis dans l’après-coup des milongas (fêtes, arts de vivre ensemble) et l’avant-propos des autres à venir, tant, nous avons tant d’invention solitaire à œuvrer…

Mais pour l’instant, recherchons des coins de parole au masculin pour découpler la très mauvaise rime entre masculin et domination. Cherchons lieux pour en parler.