Vendredi 9 juin 2017

Rien d’oisif

Rien d’oisif

Rien d’oisif

Rien de labeur

 

L’exposition Simon Roberts chez Raphaëlle, le texte de Raphaëlle.

Un atelier d’écriture anarchiste dans cette exposition.

Le travail, le temps libre, le tourisme, les vacances.

Je ne vois pas très bien ces images, je vois une terre invisible, je vois une puissance invisible, indifférente aux miniatures posées là le temps d’un jeu d’enfant.

Le paysage lui-même est une telle miniature posée là, volatile.

Une Terre, qui déborde le mot, le langage, l’image.

Les milliers et millions d’années. C’est le texte de Raphaëlle qui porte à aller chercher, à trouver ces images non montrées. Non voulues ? je ne sais pas, je ne connais pas l’artiste.

Quelques images vont vers ça. Les falaises.

 

R. me dit qu’elle ne connait pas la page blanche, dès qu’elle a du papier devant elle, ça part. Elle écrit, elle écrit beaucoup. Elle a donné quasiment toute sa bibliothèque de linguistique à l’Université, gardé quelques fondamentaux, quelques grands, quelques livres de chevet, et elle écrit. Mémoires, et recherche intime-extime, c’est moi qui cite Annie Ernaux, elle a un petit côté Ernaux, version sciences sociales.

On a parlé de liberté. Et d’urgence.

Son histoire est intimement liée au théâtre, ses parents proches de Jean Vilar, Gérard Philipe… à 70 ans elle a la fougue qu’on lui imagine à 20 ans, plus arrondie sans doute, et plus ancrée.

Elle ressort des cartons de cahiers. Elle ne dort pas la nuit, parfois, à remuer l’intranquillité.

Cette nuit j’ai dormi moi comme un loir, sur le dos, jusqu’à six heures et demi. Tourné sur le côté droit puis levé à 7h.

 

Rien d’oisif

Couru tout à l’heure 40 minutes. Bien transpiré.

Hier soir, suivi Dominique dans son quart d’heure de Qi Qong, mouvements du cou.

 

Rien d’oisif

Rien de labeur

 

Un atelier d’écriture anarchiste dans l’exposition anglo-normande.

Penser la Terre dans le moindre effet de surface, dans la moindre représentation.

La représentation, aucune représentation ne s’offre seulement au monde des représentations.

Une représentation implique tout un monde de représentations, mais cet ordre-là n’est rien s’il ne se relie pas à l’autre de la représentation.

Notre relation à notre « génie » de représentation, au génie actif robotique, représentation/simulation, a besoin de se connecter à l’autre de la représentation, l’autre de la simulation. L’autre ? mot ancien, archaïque, modernité archaïque. Les animaux, les invisibles, les végétaux…

 

Rien d’oisif

Rien de labeur

 

Que vont être les années Macron ? La dernière cartouche des libéraux.

Jouer avec la positivité retrouvée, mais, pour disperser la condescendance idiote de ces petites classes de surdoués, agir avec eux avec condescendance : descendre vers eux, oui, descendre vers eux.

 

En attendant que des pensées plus justes, comme geste plus juste posé, fluidifié dans le mouvement juste de cette configuration historique de l’éternel.

 

Rien d’oisif

Rien de labeur

 

Le moment métaphysique est un moment politique : l’art du vide donne son énergie à une politique défocalisée de son empire de représentations, de simulations.

 

Rien, cette écume, vierge vers

 

Nous sommes dans un tel bouleversement – bouleversement ? est-ce le mot – politique, affectif, social ?

Courrier International n° 1387 du 1er juin au 7 juin 2017, « Le pouvoir des hommes repose sur des fictions Collectives », Yuval Noah Harari, historien visionnaire, auteur d’un best-seller sur l’état de l’humanité, répond aux questions de grandes personnalités britanniques et des lecteurs de l’hebdomadaire The Observer…

« Il arrive à ses conclusions après un travail considérable de recherche et de contemplation. »

Voilà une jolie formulation, un peu oxymore. Nous avons besoin du mot travail, que nous mettons allégrement à la place du mot énergie, pour nous donner l’impression que nous sommes l’auteur de notre énergie, le mot donc fait oxymore avec ce couple très libre et très dynamique que font « recherche et contemplation ».

Beaucoup de choses passionnantes dans cet entretien grand public, quelques intrigantes, plusieurs désolantes, dernière question-réponse ubuesque ?

Question de Andrew Anthony, écrivain et journaliste :

« Si on parvient à empêcher la mort indéfiniment, sera-t-il toujours possible de créer du sens sans avoir ce que Saul Bellow appelle « le fond noir qu’il faut au miroir pour que nous voyions quelque chose » ?

Réponse :

Je pense, oui. On aura d’autres problèmes quand on dépassera la vieillesse, mais je ne crois pas que le manque de sens sera un problème grave. Presque aucune des idéologies du monde moderne (le socialisme, le féminisme, le communisme), qui sont apparues au cours des trois derniers siècles, ne se soucie de la mort ou du moins ne la considère comme une source de sens. Les cultures précédentes, en particulier les religions traditionnelles, avaient besoin de la mort pour expliquer le sens de la vie. C’est comme le christianisme : sans la mort, la vie n’a pas de sens ; tout le » sens de la vie vient de ce qui arrive après la mort. S’il n’y pas de mort, pas de paradis, pas d’enfer… le christianisme n’a aucun sens. » (Publié le 19 mars).

Je vois mon ami théologien se précipiter, et fondre sur la facilité de la proie.

 

J’ai surligné la question-réponse précédente, pensant à mon fils, ça se termine par : « c’est très difficile de savoir ce qu’on veut dans la vie. Je ne dis pas que c’est facile. » Il commence à voler, et réponse suivante, il se coupe les ailes. On fait à peu près tous ça, non ?

 

Apprendre à respirer avec l’autre de la respiration

Difficile

J’aime ce mot-ruisseau : « difficile »

Qui file avec beaucoup d’aisance

sur le terrain le plus obtus