Vendredi 2 juin 2017

Les marionnettes du jour s’agitent beaucoup là-dedans, la joie sobre a du mal à imposer son rythme, calme et ample.

Ça se prend à partie, ça discute, ça s’engueule.

Ça se cogne, ça se coupe la parole, ça « philosophe », dispute sans fin, il y a des objets réputés de valeur dans la boutique alors comprenez que ça ne rigole plus, ça se trucide autour desdites valeurs.

Entendez bien, la critique sociale ici c’est sous le chapeau d’un seul de la collection qu’elle s’exprime, c’est dans l’agitation d’un seul qui emporte comme ça par moment toutes les casseroles-marionnettes, oui, parce que les marionnettes elles se trimballent toutes avec des casseroles, dès qu’elles parlent elles tapent ou traînent leurs casseroles, ça fait un potin qui couvre quasi leur dires, comme partout en ville et à la radio et devant ton poste internet, ça ne parle plus qu’à condition d’amplifier le bruit de fond qui va griller ton dire sous prétexte de maintenir en éveil ton interlocuteur, c’est ça que j’aime, parfois, dans le tango, c’est que la musique elle est aussi puissante que le silence : t’es obligé de l’écouter pour sillonner la joie sobre. Pas forcément de la mimer, de te trémousser dessus, ça c’est le souvenir du bruit, du maniérisme réactionnel, comme si t’avais besoin de t’accrocher réagir…

Oui, la musique revient en force imposer le silence, sillons de silence.

Mais quand c’est parti le théâtre fou de marionnettes, et pour les plus mauvais spectacles qui soient, qu’est-ce que tu fais ? tu sors du cirque ? mais c’est un train à grande vitesse, t’en sors pas comme ça, alors ? tu te sauves par le toit ? course poursuite sur les toits de wagons, bibliothèque de films, choisis. Tu te jettes ? combien de vies te reste-t-il ? prudence.

 

Précision, la scène ne se déroule pas seulement sous le chapeau d’un, c’est aussi une scène deux, c’est aussi un bordel de deux, c’est les marionnettes TOI AUSSI, c’est la lutte des objets que sont nos corps de marionnettes, c’est la lutte de nos objets qui se servent de notre chair, notre chair est l’outil de nos objets, ah ! tu t’attendais pas à ça ! Développe.

Nos objets = nos représentations. C’est plus clair ? Nos représentations se paient notre tête et elles se servent de notre corps, de notre chair. Chair à canon ? ELLES NOUS PRENNENT pour des canons, on s’explose dessus, quel carnage.

Faites théâtre de temps en temps seulement, les gens, pensez au jour de fermeture.