Notes-paysage en vue des ateliers Ecriture-Tango, en prison, et ailleurs

lundi 8 janvier 2018

La marche.

Le paysage.

L’oubli du paysage. L’oubli du corps.

Regarder où on met les pieds. Ne pas avoir besoin de regarder où on met les pieds.

Marcher d’un point à un autre. Je vais chercher quelque chose. Je ramène la chose mais ne sait quoi en faire. Cette question me fait revenir à mon point de départ mais sans motivation. Le retour vers mon point de départ flotte.

Qu’est-ce qui se passe dans le corps ? je regarde l’objet, je ne regarde plus ma direction. Continuer la lecture de « Notes-paysage en vue des ateliers Ecriture-Tango, en prison, et ailleurs »

Variations de portraits / échanges de bons procédés, projet d’ateliers de parole et d’écriture proposés par Philippe Ripoll au centre de détention de Caen

 « Pourquoi ce que nous voyons devant nous regarde-t-il dedans ? »

Georges Didi-Huberman, Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, Editions de Minuit, 1992.

Note d’intention

Des œuvres « me regardent », elles me permettent de me dire de nouvelle façon. Je les regarde et je me mets en situation de m’intéresser sincèrement à qui les a produites : je regarde l’autre.

C’est ce que j’appelle des « échanges de bons procédés ».

Ce processus est élémentaire, et pour moi, il reste à être mis en œuvre, à être pratiqué, vraiment, afin de révéler sa puissance relationnelle, ses vertus de dialogue, sa force de transformation personnelle et collective. Dans l’espace pénitentiaire, plus qu’ailleurs peut-être, puisqu’il concentre et traite de la violence du déni de l’autre, et de soi, dans ses infinies variétés.

A partir d’un environnement vivant et vécu, avec simplicité, comme vital, composé d’œuvres d’art et de livres, je me propose d’inviter à – et de laisser – parler-écrire autour de deux questions, qui, comme la poule et l’œuf, s’auto-engendrent sans hiérarchie entre elles : qui suis-je et qui es-tu ? autoportrait et alloportrait.

« Parler-écrire » : j’indique par là mon désir de travailler avec des personnes de tout niveau linguistique et culturel, savantes comme illettrées. Je me propose d’alimenter ce « parler-écrire » avec les œuvres d’art qui seront, au moment de mes interventions, empruntées à l’artothèque de Caen, ainsi qu’avec des œuvres littéraires, empruntées à la bibliothèque et/ou apportées par moi (dont je ferais une liste précise). L’objectif sera de produire des autoportraits de regardeurs à partir du vocabulaire des œuvres regardées, et des portraits d’artistes et d’écrivains, librement et subjectivement inspirés à partir de leurs œuvres et d’éléments biographiques.