2020

mercredi 2 septembre 2020

l’ordinateur, la surface d’écriture

c’est perché sur le pupitre

chaque matin

la théière, chaque matin

c’est reposée près de la porte

entre herbe et table

suspendus nous le sommes

les mains sont suspendues au-dessus du clavier

la vie que vous menez est suspendue au-dessus

et c’est seulement maintenant que vous avez peur de tomber

suspendu.e.s en deux sens

il n’y a plus de sol, tête accrochée aux crocs du ciel

plus de ciel pieds suspendus, tirés, retenus par une terre déguisée en ciel

comme la thérière posée au bord, entre terre et ciel, entre dehors et dedans

à cycles fixes les suspensions agissent ensemble

en verticale

et en horizontale

en horizontale?

tu es suspendu.e à l’avant, arrière dans le vide

tu es suspendu.e à l’arrière, avant vide

pourquoi corps et esprit ont-ils besoin de décomposer leur être

leur force

pourquoi parfois c’est toi qui me suspends, me tiens et moi comme des pieds flottés dans le vide

et parfois c’est moi,  je t’aimante parce que tu t’en vas dans le vide

pourquoi ?

la théière est ronde, la théière est calme

l’univers est rond ? l’univers est calme ?

souvent j’ai besoin de ne plus rien comprendre du tout pour comprendre un petit quelque chose neuf, pourquoi ?

j’ai remarqué ça, c’est fatigant

vide est mon sol vide est mon ciel

vide pousse son bâillement au petit matin

c’est un bon exercice

en quoi c’est un bon exercice ?

l’axe de ton corps est devenu une évidence

l’intelligence musculaire, jusqu’ici ballottée dans ses croyances autocentrées (l’intelligence veut croire dans l’intelligence et s’agencer elle-même)

l’intelligence musculaire remise à l’intelligence du vide, des vides

se rétablit dans son axe

l’idée de présent ne nous convient que dans l’axe des suspens

le passé est un ciel et le futur une terre

difficile de laisser s’organiser l’intelligence selon ses suspens

je t’aime est une manière d’organisation

la performance que vous avez devant vous est-elle délicate ?

les danseurs et danseuses ont-elles la grâce de laisser, de s’abandonner à l’imagination des vides qui les meuvent ?