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SITE EN TRAVAUX

Le 2 mars prochain, un évènement auquel vous êtes invité, auquel vous ne pourrez pas venir, parce que les portes seront fermées, parce que vous n’aurez pas d’autorisation d’accès, sauf quelques-uns, quelques-unes, qui auront charge de vous « représenter » en quelque sorte.

Ce sera au Centre pénitentiaire de Caen, ce sera une « restitution » du travail qu’on a réalisé à partir du projet « Variations de portraits, échanges de bons procédés » (lire le projet).

Un projet aussi « ouvert » que les autres, avec une densité particulière, due à la nature carcérale de son lieu, à la personnalité des participants, comme redoublée, intensifiée par l’enfermement.

Il importe d’ouvrir les prisons.

Bientôt des traces.

 

Quelques traces de la performance « L’Innommable, une expérience avec Samuel Beckett, samedi 18 février, images de Pierre Olingue, journal du lendemain

Et cette image, d’un auditeur regardé par son ami auditeur

 

L’Innommable, une expérience avec Samuel Beckett, à l’occasion du finissage de l’exposition Eamon Doyle

Samedi 18 février, 17h, à la Galerie du Centre photographique, 15 rue de la Chaîne, Rouen

 

A l’occasion du finissage de l’exposition Eamon Doyle

et en hommage à Samuel Beckett qui en est la figure tutélaire,

« L’Innommable », une expérience avec Samuel Beckett, pour ici et maintenant

Performance-lecture

Au cœur de l’opus beckettien se trouve l’Innommable, pensé explicitement comme noyau de toute l’œuvre, qui précède et suit.

L’innommable : ce qui ne peut pas être nommé et qui doit inlassablement être renommé, ainsi le pronom personnel je et son acteur principal : moi, « l’immoiable ».

Ce texte est un puissant « algorythme ». A l’époque de l’effondrement écologique, économique et symbolique de l’individualisme, ce livre reprend du service, c’est l’évidence : il décrit notre situation d’aujourd’hui, de plain-pied avec notre post-humanité, et le calme panique qui nous affecte. Il fournit le combustible dont on a besoin : une exceptionnelle concentration pour voyager à l’intérieur de la mise en abime de l’identité humaine.

En ouvrant le livre, c’est une voix, un tourbillon de voix qui se déclenche. Faire l’expérience aujourd’hui d’une lecture-diction de ce livre est une manière de se mettre ensemble à l’épreuve, lecteur et auditeurs, une manière peut-être de sortir de nos gonds.

Prochainement on pourra en écouter une lecture intégrale sur DUUU RADIO.

Durée 40 minutes. On prévoira les conditions comme si on allait passer la nuit ensemble. Coussins, couvertures, soupe, eaux, bières et pains…

En préambule, une diffusion premier jet de la proposition radiophonique réalisée à la RADIO DUUU avec le club ado Jean Vigo de Gennevilliers, autour de « TOUS CEUX QUI TOMBENT », pièce radiophonique de Samuel Beckett et autour des images de Eamonn Doyle, durant la semaine du 6 au 10 février.

Atelier éclair dans l’exposition 22+1 à la Passerelle

C’était samedi 21 janvier, de 10h à 13h à La Passerelle, ESPE, Mont-Saint-Aignan

 

 

 

 

 

 

 

L’atelier éclair à la Passerelle, dans l’exposition itinérante, 22+1, conçue par Camille Pontallier, dans une version déclinée en collaboration avec les artistes professeures à l’Esadhar, Béatrice Cussol et Dominique de Beir.

Vous trouverez une présentation de l’exposition ici, à quoi il faut ajouter le protocole initial : la commissaire de l’exposition propose que 23 artistes lui offrent une œuvre, en format A4 ou approchant. Un don sollicité auprès de 23 artistes femmes, par une femme, Camille, qui fut homme, autour de la question du genre.

Ce que peut l’amitié de l’art. Et ce qui se voit de l’amitié de l’art, dans une expérience relationnelle, au-devant du politique, au-devant du médical, au-devant des batailles idéologiques autour du GENRE.

Trois heures, un samedi matin, lieux vides. Trois petites heures pour juste approcher cette vibration relationnelle.

D’abord lecture de Henri Michaux pendant qu’ils-elles regardent, re-regardent l’expo. « Les Yeux » (in La nuit remue, Gallimard 1967).

D’emblée une plongée dans la matière de l’expérience, du regard, de l’intensité vécue des métamorphoses de l’œil.

Puis autour d’un Cussol, grand format. Petite cérémonie (c’est presque un passage obligé pour moi) de mots dits, puis placés, inscrits par tous en paysage sur sa feuille blanche. Rien que des mots, c’est-à-dire rien que des fenêtres sur des aspects de l’œuvre, et ça s’ouvre, ça n’en finirait pas de s’ouvrir. Puis, à partir du mot rêve qui est sorti – ces images de Cussol ont partie liée avec le rêve –, la proposition que ce tableau devienne leur rêve – ou cauchemar – à eux, à elles, regardeurs, regardeuses. D’emblée, pour qui n’avaient jamais participé à un atelier d’écriture, bouffées d’écriture, un moment réellement vécu, avec les mots. On écoute les lectures tantôt en ouvrant les yeux, tantôt en les fermant. Intersection vibrante entre cerveaux et composé de cerveau-corps et de matériau (l’œuvre).

Lire quelques extraits

Puis, parce que c’est une expo composée pour des dialogues prévus ou imprévus entre démarches bien différentes, chacun-e est placé-e, se place devant une œuvre différente, mots partagés comme précédemment, mots-fenêtres sur l’œuvre qu’on a en face et les autres qu’on a comme latéralement, en tête. Et avec tous ces mots, après en avoir fait « réverbérer » quelques-uns, après aussi avoir lancé quelques phrases courtes, avec ce matériel commun, s’engager dans un texte, récit, chapelet de phrases ou autre, dont le narrateur, le locuteur est de l’autre genre que le sien, masculin si l’on est femme, féminin si l’on est homme. Et tout utiliser, tout « caser » dans ce texte, récit, ensemble ou série de fragments (c’est généralement un texte, un récit, un ensemble qui est travaillé, besoin d’une reprise-synthèse dans ces étapes d’écriture vécue). Belles, magnifiques croisées. L’atelier s’intensifie. Puis chacun-e se choisit une œuvre, « son » œuvre qui va fonctionner comme lettre, comme message spécifiquement envoyé à soi (intensifier le narcissisme du regardeur, de la regardeuse). C’est bref, c’est intense, tout le monde est engagé, dans son axe.

Pour clore, on envoie, chacun-e envoie –fictivement– ce petit bloc d’expérience à Camille, avec copie aux artistes, Béatrice et Dominique. Avec un petit mot d’accompagnement.

La relation à l’autre, la dette, le don à l’autre, histoire d’amour, toujours, avec l’autre. Ces mots ont encore une emphase qu’on peut aisément effacer. On se quitte à treize heures quinze, assez heureux-heureuses, je crois. Pas eu le temps de lire ce texte de Hélène Cixous que j’avais prévu de lire, écrit en 1974 ! dans un livre cosigné avec Catherine Clément, La Jeune Née (dans l’ancienne collection 10/18 de Christian Bourgois),  titre de circonstance ici, avec un dessin de Mechtilt, assez consonnant avec ceux de Béatrice Cussol, ce texte, le voici, en fragment,  Cixous la jeune née : cqfd.